La mairie de Rome planche sur une révision ambitieuse (et controversée) des règles d’accès à la Zone à Trafic Limité (ZTL) du centre historique : l’accès gratuit pour les véhicules 100 % électriques non‑résidents pourrait disparaître au profit d’un pass annuel payant à 1 000 €. Parallèlement, l’exonération de stationnement qui bénéficiait aux véhicules hybrides serait réexaminée : les mild‑hybrid perdraient leur gratuité sur les places à disque bleu, tandis que les full hybrid et plug‑in conserveraient des avantages. Explications et implications pratiques pour les automobilistes.
Pourquoi Rome envisage-t‑elle ce ticket pour les électriques ?
Selon l’exécutif municipal, l’objectif est de réguler la congestion et de retrouver une rotation des places de stationnement dans le centre classé UNESCO. L’augmentation rapide du parc électrique et le nombre croissant d’autorisations d’accès gratuites ont, d’après la mairie, contribué à saturer la ZTL et à diminuer la disponibilité des emplacements. Le ticket annuel (1 000 €) serait donc une mesure de gestion des flux visant à limiter les entrées de véhicules non‑résidents tout en préservant les objectifs de durabilité urbaine.
Qui sera impacté et comment ?
La sosta payante pour les mild‑hybrid : logique ou mesure punitive ?
La mairie distingue désormais les hybrides selon leur capacité à rouler réellement en mode électrique en ville. Les mild‑hybrid — systèmes à faible assistance électrique — seront considérés comme offrant un bénéfice environnemental limité en milieu urbain et perdront l’exonération sur les places bleues pour les non‑résidents. En revanche, les full hybrid et plug‑in, qui permettent des phases prolongées en mode électrique, garderaient la gratuité.
Conséquences pratiques pour les automobilistes et les entreprises
Impacts environnementaux et paradoxes potentiels
La mesure vise à concilier lutte contre la congestion et transition énergétique, mais elle peut générer des paradoxes. Taxer l’accès des véhicules électriques risque de freiner l’adoption par certains usagers, ou de pousser à remplacer des city‑trips par des véhicules thermiques non déclarés résidents, si les contrôles ne sont pas rigoureux. À l’inverse, en réduisant le nombre de véhicules dans la ZTL, la qualité de l’air et la fluidité pourraient s’améliorer — mais à quel prix social et économique ?
Que faire si vous êtes concerné ? Conseils pratiques
Étapes à venir et calendrier
La proposition, signée par l’assesseur à la Mobilité, doit passer au vote de la Giunta d’ici fin février. Si elle est approuvée, l’administration précisera les modalités de demande du pass, les exemptions exactes et la date d’entrée en vigueur. Il est probable que des consultations ou des ajustements suivent les premières réactions publiques et celles des associations professionnelles.
Pour l’Occitanie et les régions françaises : enseignements à tirer
Même si la mesure concerne Rome, elle sert d’exemple pertinent pour les métropoles françaises qui réfléchissent à la gestion des ZTL et aux privilèges accordés aux électriques. La question centrale reste le juste équilibre entre incitation à la mobilité propre et gestion de l’espace urbain : gratuité totale favorise l’adoption des VE mais peut créer des effets d’aubaine sur la congestion ; tarification limite les entrées mais peut freiner la transition. Les décideurs locaux doivent calibrer les mesures pour éviter de pénaliser les usagers engagés dans la transition tout en veillant à la rotation et à la fluidité du centre‑ville.



