Un trois‑cylindres qui promet plus de 30 km/l : le Horse H12, nouveau moteur « record » pour Renault, Dacia et Geely
En Occitanie, sur les petites routes où l’on aime ménager la mécanique, j’ai pris le temps d’éplucher les caractéristiques du nouveau Horse H12 Concept. Derrière ce nom se cache une évolution technique ambitieuse d’un bloc 1.2 trois cylindres — déjà familier sous le capot des Dacia et de certaines Renault — repensé pour atteindre une efficience thermique et une consommation que l’on n’attendait plus d’un moteur thermique classique : 3,3 l/100 km annoncés, soit plus de 30 km avec un litre dans des conditions optimisées.
Architecture et origine : partir d’une base connue pour la sublimer
La plateforme de départ est le HR12, 1.2 trois cylindres qui équipe aujourd’hui plusieurs modèles du Groupe. Horse Powertrain, en collaboration avec Repsol et soutenu par Renault Group, Geely et Aramco via Horse Technologies Division, a conservé la compacité du bloc mais s’en est servi comme d’une base sur laquelle appliquer des améliorations profondes :
Le résultat chiffré est parlant : une efficience thermique revendiquée de 44,2 %, un niveau exceptionnel pour un moteur essence moderne. Concrètement, cela signifie qu’une part nettement plus importante de l’énergie chimique du carburant est convertie en travail utile plutôt qu’en chaleur perdue.
L’hybridation intégrée : la clé pour abaisser la consommation
Le concept Horse H12 n’est pas un moteur « pur » mais un bloc pensé autour d’une intégration hybride. L’hybridation est directement couplée à la transmission automatique, ce qui permet plusieurs gains :
Ces fonctions combinées expliquent en grande partie la baisse spectaculaire de consommation (≈ –40 % par rapport à la moyenne des autos européennes 2023, selon les comparaisons fournies).
Carburant 100% renouvelable : Nexa 95 et la neutralité technologique
Un autre aspect différenciant — et stratégique — du projet est la compatibilité avec une essence 100 % renouvelable, Nexa 95 fournie par Repsol. Cette essence synthétique est produite à partir de matières organiques et de flux recyclés (déchets agricoles, huiles usagées, etc.). Le duo moteur‑carburant ouvre une voie pragmatique : réduire l’empreinte carbone tout en conservant la facilité d’usage des motorisations thermiques, sans nécessiter une infrastructure de recharge dédiée.
Performances réelles et comparaison avec l’existant
Pour situer l’effort, prenons l’exemple de la Clio équipée du 1.2 TCe 115 : elle affichait 5,0 l/100 km en cycle WLTP. Le Horse H12 annonce 3,3 l/100 km, soit une baisse substantielle qui, sur de longs parcours, se traduit par une autonomie et des coûts d’utilisation bien plus avantageux. Bien sûr, les chiffres officiels dépendent du cycle et des conditions, mais l’ordre de grandeur promet une vraie rupture d’usage pour des citadines et SUV compacts.
Validation et calendrier : prototypes et premières démonstrations
Horse Technologies et Repsol ont mis au point des prototypes validés en essais. Le premier véhicule démonstrateur devait être présenté début 2026, marquant la première étape vers une industrialisation plus large. L’intégration annoncée dans les gammes Renault, Dacia et Geely suggère une diffusion potentiellement importante, d’abord sur des segments populaires (petites voitures et SUV compacts) où le rapport coût/efficacité a un impact majeur pour l’utilisateur final.
Les implications pratiques pour l’automobiliste
Pour le conducteur occitan habitué aux routes départementales, ce type de moteur montre l’intérêt d’une approche « neutralité technologique » : on ne mise pas tout sur une seule source d’énergie, mais on optimise ce qui existe pour réduire l’impact environnemental et la facture. C’est une approche pragmatique dans des régions où la recharge électrique peut encore poser des contraintes logistiques.
Points de vigilance et questions en suspens
Quel avenir pour ce type d’approche ?
La stratégie derrière le Horse H12 est de proposer une alternative crédible à court‑moyen terme : moteur thermique modernisé, hybridation intelligente et carburants renouvelables. C’est un compromis attractif pour des marchés et des usages où la transition électrique pure reste difficile. En tant qu’observateur et conducteur ici en Occitanie, je vois dans cette voie une opportunité tangible : conserver le confort et l’autonomie des véhicules thermiques tout en réduisant significativement la consommation et les émissions, à condition que la filière carburant renouvelable monte en puissance.



