Un petit excès de vitesse, ça peut arriver à tout le monde. Une route dégagée, un panneau aperçu trop tard, une descente un peu trompeuse, et voilà que l’aiguille dépasse la limite autorisée. Mais entre 10 et 20 km/h au-dessus de la vitesse maximale, la sanction n’est pas anodine. Amende, retrait de points, conséquences sur l’assurance ou sur le permis à long terme : mieux vaut savoir exactement ce que l’on risque.
Sur le blog Auto Occitanie, on aime parler conduite avec bon sens. Alors aujourd’hui, faisons le point clairement sur les excès de vitesse compris entre 10 et 20 km/h, ceux qui paraissent “pas si graves” mais qui peuvent vite coûter cher. Et spoiler : un simple dépassement de quelques kilomètres/heure peut laisser une trace plus durable qu’on ne l’imagine.
Excès de vitesse entre 10 et 20 km/h : de quoi parle-t-on exactement ?
En France, la sanction dépend d’un point essentiel : la vitesse retenue par les forces de l’ordre par rapport à la limitation en vigueur. Un excès entre 10 et 20 km/h signifie que vous avez roulé au-dessus de la limite autorisée dans cette plage-là, que ce soit en agglomération, sur route ou sur autoroute.
Attention, il existe une différence entre vitesse affichée au compteur, vitesse réelle du véhicule et vitesse retenue. Le compteur d’une voiture affiche souvent une vitesse légèrement supérieure à la vitesse réelle. Cela peut donner un faux sentiment de sécurité. Et sur route, quelques km/h suffisent pour basculer dans la zone de sanction.
Exemple concret : si la limitation est à 80 km/h et que la vitesse retenue est de 91 km/h, vous êtes dans la tranche des 11 km/h au-dessus. Même chose si la route est limitée à 50 km/h et que la vitesse retenue grimpe à 68 km/h. Dans les deux cas, la sanction s’applique selon la grille prévue par le Code de la route.
Quelle amende pour un excès de vitesse entre 10 et 20 km/h ?
La première conséquence, c’est bien sûr l’amende forfaitaire. Le montant dépend de la zone dans laquelle l’infraction est constatée.
Voici les règles principales :
- En agglomération : l’excès de vitesse entre 10 et 20 km/h entraîne une amende forfaitaire de 135 euros, minorée à 90 euros si le paiement est rapide, ou majorée à 375 euros en cas de retard.
- Hors agglomération : l’amende forfaitaire est de 68 euros, minorée à 45 euros et majorée à 180 euros en cas de non-paiement dans les délais.
On comprend vite que l’erreur de conduite coûte plus cher en ville qu’à la campagne. C’est logique : les risques pour les piétons, cyclistes et autres usagers sont plus élevés en agglomération, et la réglementation le reflète clairement.
Petit rappel utile : il ne faut pas confondre “amende forfaitaire” et “sanction définitive”. Si vous contestez, si vous oubliez de payer, ou si la procédure suit son cours, le montant peut évoluer. Autant dire que l’infraction “pas bien grave” peut devenir franchement désagréable au portefeuille.
Combien de points sont retirés pour ce type d’excès ?
La sanction la plus douloureuse pour beaucoup d’automobilistes, ce n’est pas l’amende : ce sont les points. Pour un excès de vitesse compris entre 10 et 20 km/h, le retrait est de 1 point sur le permis de conduire.
Un seul point, cela peut sembler modeste. Mais sur un permis probatoire, où le capital de points est réduit, l’impact est plus sensible. Pour un jeune conducteur, chaque point compte. Plusieurs petits excès rapprochés peuvent très vite fragiliser le permis, voire déclencher des obligations supplémentaires.
Et pour les conducteurs expérimentés, le problème est souvent psychologique : on banalise le premier dépassement, puis un deuxième, puis un troisième. À force, le capital de points fond doucement, comme un plein d’été sur l’autoroute avec la clim à fond.
La sanction varie-t-elle selon la vitesse limite ?
Oui, et c’est important de le comprendre. Les règles changent selon que l’excès est commis à une vitesse limitée à 50 km/h, 80 km/h, 110 km/h ou 130 km/h. La grille de retrait de points et le montant de l’amende restent liés à la tranche de dépassement, mais la vitesse retenue et la zone de l’infraction influencent la sanction financière.
Par exemple :
- Un dépassement de 10 à 20 km/h en ville est plus sévèrement sanctionné qu’un même dépassement hors agglomération.
- Sur autoroute, un excès faible peut paraître “supportable” dans l’esprit du conducteur, mais il reste sanctionné au même titre qu’ailleurs.
- Dans certaines zones à vitesse abaissée, comme les abords d’écoles ou certains tronçons urbains, le risque de contrôle est élevé et la sanction tombe rapidement.
Autrement dit, la règle n’est pas “un petit dépassement = petite affaire”. Sur la route, la vitesse n’est jamais un détail. Elle fait partie des premiers facteurs de gravité en cas d’accident.
Radar automatique, contrôle mobile : comment l’infraction est constatée ?
Un excès de vitesse entre 10 et 20 km/h peut être relevé de plusieurs façons : radar fixe, radar mobile, contrôle embarqué, ou encore contrôle par jumelles par les forces de l’ordre. Et bien sûr, la notification peut arriver quelques jours ou quelques semaines plus tard par courrier.
Le piège, c’est qu’on ne se rend pas toujours compte immédiatement de l’infraction. Contrairement à un feu rouge grillé, le dépassement de vitesse ne produit aucun signal visible. Vous pouvez rouler tranquillement, rentrer chez vous, puis recevoir l’avis de contravention comme un rappel un peu brutal à la réalité.
Un conseil simple : ne vous fiez pas uniquement à la circulation autour de vous. Voir d’autres véhicules rouler vite ne signifie pas que la vitesse est autorisée. En matière de Code de la route, l’argument “tout le monde le faisait” ne pèse pas lourd.
Permis probatoire : un excès de vitesse peut-il poser un vrai problème ?
Absolument. Pour un conducteur en permis probatoire, la perte d’1 point n’a pas le même impact que pour un conducteur avec 12 points. La marge d’erreur est plus faible, et une série de petites infractions peut rapidement mettre le permis en danger.
En pratique, un jeune conducteur qui enchaîne un excès de 10 à 20 km/h, un téléphone au volant, puis un stop un peu “oublié” peut se retrouver dans une situation délicate. Or, récupérer des points prend du temps. La meilleure stratégie reste donc simple : éviter de les perdre.
Il faut aussi se rappeler qu’en période probatoire, une vitesse excessive peut être très malvenue lors d’un trajet du quotidien. Sur un trajet maison-travail que l’on connaît par cœur, c’est souvent là que l’on relâche la vigilance. Et c’est justement là que les contrôles et les erreurs arrivent.
Y a-t-il d’autres sanctions possibles en plus de l’amende et du retrait de points ?
Pour un excès entre 10 et 20 km/h, on reste généralement sur une sanction classique : amende + retrait d’1 point. Pas de suspension automatique du permis dans la majorité des cas pour cette seule infraction, surtout si elle est isolée.
En revanche, il ne faut pas oublier les conséquences indirectes. Par exemple :
- Un historique d’infractions peut compliquer la gestion de votre capital points.
- Une succession d’excès peut entraîner un stage de récupération de points, souvent payé de votre poche.
- Votre assurance peut, dans certains cas, regarder d’un œil moins indulgent les conducteurs trop souvent verbalisés.
On ne parle donc pas seulement d’une contravention isolée. Le vrai sujet, c’est l’accumulation. Un excès de 15 km/h n’a rien d’exceptionnel en apparence, mais trois ou quatre épisodes de ce type en peu de temps, et la facture devient nettement moins sympathique.
Peut-on contester un excès de vitesse entre 10 et 20 km/h ?
Oui, une contestation est possible, mais elle ne doit pas reposer sur une simple impression. Dire “je ne roulais pas si vite” ou “le radar s’est trompé” ne suffit pas. Il faut des éléments précis : erreur de plaque, véhicule non identifiable, vice de procédure, défaut de signalisation dans certains cas bien particuliers, ou encore problème sur la notification.
Avant de contester, posez-vous les bonnes questions :
- Le véhicule sur l’avis de contravention est-il bien le mien ?
- La date, l’heure et le lieu sont-ils cohérents ?
- Ai-je un motif sérieux et vérifiable ?
- Suis-je certain de vouloir ouvrir une procédure qui peut prendre du temps ?
La contestation n’est pas impossible, mais elle doit être réfléchie. Dans beaucoup de cas, surtout pour une infraction simple et correctement constatée, mieux vaut parfois accepter la sanction et éviter d’aggraver la situation administrative.
Comment éviter ce type d’infraction au quotidien ?
Le plus efficace reste souvent le plus basique : rouler un peu en dessous de la limite et rester attentif aux changements de signalisation. La limitation peut passer de 90 à 70 km/h sans que l’on s’en rende compte si l’on connaît mal le trajet.
Quelques habitudes utiles :
- Vérifiez régulièrement votre compteur, surtout en descente ou sur voie rapide.
- Anticipez les zones de limitation temporaire : travaux, abords d’écoles, zones accidentogènes.
- N’utilisez pas le véhicule qui vous suit comme référence de vitesse.
- Activez le limiteur ou le régulateur si votre voiture en est équipée.
- Gardez en tête qu’un “petit” dépassement répété finit par coûter cher.
Sur certaines voitures modernes, le régulateur intelligent et l’alerte de vitesse peuvent rendre service. Bien sûr, ce ne sont pas des béquilles magiques, mais elles aident à rester dans les clous, surtout sur les longs trajets où la vigilance baisse naturellement.
Pourquoi cette infraction est prise au sérieux ?
Parce qu’au volant, la vitesse n’est jamais neutre. Entre 10 et 20 km/h au-dessus de la limite, la distance de freinage augmente, le temps de réaction est moins favorable et le risque de perte de contrôle grimpe. À l’échelle d’un trajet quotidien, cela peut sembler faible. À l’échelle d’un accident, cela change tout.
On a tous entendu un conducteur dire : “Allez, juste 15 km/h de plus, ça ne change rien.” En réalité, si. Dans une situation d’urgence, ces kilomètres/heure supplémentaires peuvent faire la différence entre un freinage réussi et un choc évitable.
C’est aussi pour cela que les sanctions restent fermes même sur des excès modestes. Le but n’est pas seulement de punir, mais d’inciter à adopter une conduite plus régulière et plus attentive.
Ce qu’il faut retenir si vous avez été verbalisé
Si vous êtes concerné par un excès de vitesse entre 10 et 20 km/h, retenez l’essentiel :
- Vous risquez une amende forfaitaire.
- Un retrait d’1 point est prévu sur le permis.
- La sanction est plus élevée en agglomération qu’hors agglomération.
- Le permis probatoire est particulièrement sensible à ce type d’infraction.
- Répéter ce genre d’excès peut rapidement devenir problématique.
La bonne nouvelle, c’est qu’un point perdu peut souvent être récupéré avec le temps, et qu’un stage de sensibilisation peut parfois aider à limiter la casse. La mauvaise, c’est qu’il vaut toujours mieux éviter d’en arriver là.
Au fond, respecter une limitation de vitesse n’a rien de contraignant quand on prend le volant avec un peu d’anticipation. Et si votre tableau de bord vous donne l’impression d’être “à peine au-dessus”, souvenez-vous que la route, elle, ne pardonne pas toujours les petites approximations.
Alors, la prochaine fois qu’une ligne droite semble un peu trop tentante, gardez un œil sur le compteur. Votre permis, votre portefeuille et vos points vous diront merci.


