La mairie de Rome planche sur une révision ambitieuse (et controversée) des règles d’accès à la Zone à Trafic Limité (ZTL) du centre historique : l’accès gratuit pour les véhicules 100 % électriques non‑résidents pourrait disparaître au profit d’un pass annuel payant à 1 000 €. Parallèlement, l’exonération de stationnement qui bénéficiait aux véhicules hybrides serait réexaminée : les mild‑hybrid perdraient leur gratuité sur les places à disque bleu, tandis que les full hybrid et plug‑in conserveraient des avantages. Explications et implications pratiques pour les automobilistes.

Pourquoi Rome envisage-t‑elle ce ticket pour les électriques ?

Selon l’exécutif municipal, l’objectif est de réguler la congestion et de retrouver une rotation des places de stationnement dans le centre classé UNESCO. L’augmentation rapide du parc électrique et le nombre croissant d’autorisations d’accès gratuites ont, d’après la mairie, contribué à saturer la ZTL et à diminuer la disponibilité des emplacements. Le ticket annuel (1 000 €) serait donc une mesure de gestion des flux visant à limiter les entrées de véhicules non‑résidents tout en préservant les objectifs de durabilité urbaine.

Qui sera impacté et comment ?

  • Non‑résidents propriétaires d’un véhicule 100 % électrique : devront désormais s’acquitter d’un pass annuel à 1 000 € pour pénétrer dans la ZTL du centre.
  • Résidents et catégories protégées : demeurent exemptés. Les résidents, les personnes en situation de handicap, les représentants de commerce et les structures hôtelières conserveraient leur accès gratuit, même avec un véhicule électrique.
  • Nouvelles immatriculations vs titulaires actuels : pour les nouvelles immatriculations, le système s’appliquera dès sa mise en place. Les détenteurs d’autorisation gratuite actuelle recevront des informations de Rome Servizi per la Mobilità pour demander le nouveau pass s’ils souhaitent le conserver.
  • La sosta payante pour les mild‑hybrid : logique ou mesure punitive ?

    La mairie distingue désormais les hybrides selon leur capacité à rouler réellement en mode électrique en ville. Les mild‑hybrid — systèmes à faible assistance électrique — seront considérés comme offrant un bénéfice environnemental limité en milieu urbain et perdront l’exonération sur les places bleues pour les non‑résidents. En revanche, les full hybrid et plug‑in, qui permettent des phases prolongées en mode électrique, garderaient la gratuité.

    Conséquences pratiques pour les automobilistes et les entreprises

  • Coût d’accès supplémentaire : 1 000 € par an représente une somme non négligeable pour le navetteur occasionnel ou le visiteur professionnel ; cela peut modifier les habitudes de déplacement (train, transports en commun, parking en périphérie).
  • Effet sur les flottes d’entreprise : les sociétés ayant besoin d’accéder régulièrement au centre devront réévaluer la rentabilité d’un véhicule électrique si l’accès est désormais tarifé.
  • Incitation à la résidence : les professionnels locaux pourraient être encouragés à obtenir des autorisations résidentielles ou à recourir à services de livraison/portage pour limiter les coûts.
  • Impacts environnementaux et paradoxes potentiels

    La mesure vise à concilier lutte contre la congestion et transition énergétique, mais elle peut générer des paradoxes. Taxer l’accès des véhicules électriques risque de freiner l’adoption par certains usagers, ou de pousser à remplacer des city‑trips par des véhicules thermiques non déclarés résidents, si les contrôles ne sont pas rigoureux. À l’inverse, en réduisant le nombre de véhicules dans la ZTL, la qualité de l’air et la fluidité pourraient s’améliorer — mais à quel prix social et économique ?

    Que faire si vous êtes concerné ? Conseils pratiques

  • Évaluez la fréquence d’accès : si vous entrez rarement dans la ZTL, il peut être plus économique d’utiliser des parkings périphériques et marcher ou prendre les transports en commun.
  • Pour les professionnels : calculez le coût total annuel (pass + stationnement éventuel) et comparez-le au coût d’une solution alternative (véhicule de flotte en périphérie, livraison centralisée, recours à la mobilité partagée).
  • Considérez la classification de votre hybride : si vous possédez une mild‑hybrid et dépendez souvent des places bleues, vérifiez le calendrier d’application et anticipez un plan B.
  • Suivez la procédure officielle : pour les titulaires actuels d’autorisation, attendez la communication de Rome Servizi per la Mobilità afin de ne pas perdre votre droit d’accès en cas de transition maladroite.
  • Étapes à venir et calendrier

    La proposition, signée par l’assesseur à la Mobilité, doit passer au vote de la Giunta d’ici fin février. Si elle est approuvée, l’administration précisera les modalités de demande du pass, les exemptions exactes et la date d’entrée en vigueur. Il est probable que des consultations ou des ajustements suivent les premières réactions publiques et celles des associations professionnelles.

    Pour l’Occitanie et les régions françaises : enseignements à tirer

    Même si la mesure concerne Rome, elle sert d’exemple pertinent pour les métropoles françaises qui réfléchissent à la gestion des ZTL et aux privilèges accordés aux électriques. La question centrale reste le juste équilibre entre incitation à la mobilité propre et gestion de l’espace urbain : gratuité totale favorise l’adoption des VE mais peut créer des effets d’aubaine sur la congestion ; tarification limite les entrées mais peut freiner la transition. Les décideurs locaux doivent calibrer les mesures pour éviter de pénaliser les usagers engagés dans la transition tout en veillant à la rotation et à la fluidité du centre‑ville.

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