Maserati frappe un grand coup en apportant l’assistance électronique sur circuit à un niveau jusque-là réservé aux simulateurs et à l’industrie : le Project Track Assist, développé en collaboration avec la start‑up italienne AS.CAR.I, a été présenté sur la GT2 Stradale lors d’un événement en Floride. Ce système n’est pas un simple pilotage automatique, mais plutôt un coach électronique destiné à aider le pilote à progresser sur la piste, en optimisant freinage, accélération et points de corde.
Qu’est‑ce que le Project Track Assist ?
Au cœur du dispositif se trouve l’Active Performance Control (APC), un logiciel qui s’interface directement avec le système de freinage et la gestion moteur de la voiture. L’APC intervient de façon active sur la décélération et l’accélération pour indiquer — voire aider — aux phases clés du tour : zone de freinage idéale, entrée de courbe, point de corde et sortie. L’objectif n’est pas de remplacer le pilote, mais de l’accompagner et d’accélérer son apprentissage en transformant chaque tour en une leçon pratique.
Origine et développement technique
AS.CAR.I, la jeune entreprise partenaire, est issue d’un environnement de recherche académique et industriel — le fruit d’équipes spécialisées dans la conduite autonome appliquée au motorsport. Le savoir‑faire combine algorithmes avancés, cartographie de trajectoire et intégration profonde dans l’électronique embarquée. Maserati s’appuie sur cette expertise pour intégrer l’APC à ses GT les plus extrêmes, en commençant par la GT2 Stradale, qui fait office de laboratoire roulant.
Pourquoi ce système change la donne sur circuit
La GT2 Stradale : la plateforme idéale
La GT2 Stradale choisie pour les démonstrations n’est pas une Maserati ordinaire : c’est la déclinaison routière de la GT2 de compétition, équipée du V6 Nettuno de 3,0 litres pour 640 ch, capable d’abattre le 0‑100 km/h en 2,7 s et d’atteindre plus de 320 km/h. L’extrême réactivité de cette mécanique et son comportement châssis très pointu en font le véhicule parfait pour valider l’APC, tant au niveau des temps au tour que de la sécurité des interventions électroniques.
Comment l’APC s’intègre dans la pédagogie des stages Maserati
À partir de 2027, Maserati prévoit d’intégrer le Track Assist au programme Master Maserati Driving Experience. Sous la supervision d’instructeurs professionnels, les pilotes pourront utiliser le système pour comparer leurs références, mesurer l’impact des corrections et améliorer progressivement leurs performances. L’approche est pédagogique : on garde l’humain au centre, l’électronique comme soutien mesurable et traçable.
Aspects techniques à surveiller
Conséquences pour les pilotes et les instructeurs
Quelles perspectives pour l’avenir ?
Si le Track Assist prouve son efficacité, on peut imaginer plusieurs évolutions : intégration de modules d’analyse post‑session avancée, conseils adaptatifs selon le profil du pilote, ou même versions spécifiques pour différents circuits. De plus, les technologies développées ici peuvent croiser des usages dans la sécurité active sur route ou dans les simulateurs de formation professionnelle.
Mon avis pratique
Pour qui roule souvent sur circuit, ce type de dispositif est une révolution pédagogique : il transforme la répétition de tours en sessions productives, mesurables et ciblées. Toutefois, il faudra rester vigilant à l’effet de dépendance — rien ne remplace la capacité à lire une trajectoire sans assistance. L’idéal est d’utiliser l’APC comme un outil complémentaire, un miroir numérique qui met en évidence les micro‑erreurs, tout en continuant à développer l’intuition et la sensibilité du pilote.
En Occitanie, sur nos petites routes de colline et nos journées piste, un tel accompagnement pourrait permettre à beaucoup d’amateurs de se sentir plus en sécurité et plus performants dès leurs premières sorties. Maserati, en s’associant à une start‑up locale d’ingénierie, montre que l’innovation sur piste peut venir d’un terreau technologique bien ancré dans le pays — et c’est une excellente nouvelle pour la filière.

