Janvier 2026 a repris des couleurs pour le marché automobile italien : +6,2 % par rapport à janvier 2025, soit 141 980 immatriculations. Mais avant de faire la fête, remettons les choses en perspective : le volume reste en retrait de 14,1 % par rapport à janvier 2019 (soit environ 23 300 unités manquantes). En tant que passionné d’Occitanie qui parcourt routes et concessions, j’ai regardé de près les chiffres et les modèles qui ont marqué ce début d’année. Voici une lecture pragmatique et locale de ces tendances, utile tant pour l’acheteur que pour le conducteur quotidien.
Le poids des hybrides : une bascule confirmée
La donnée la plus nette est l’hégémonie des hybrides : 52,1 % du marché en janvier. Ce n’est pas une surprise technique, mais l’ampleur mérite d’être soulignée. Les mild hybrid représentent 37,7 % des ventes, portées par des modèles accessibles et familiers comme la Fiat Panda (13 306 ex.) et la Fiat Grande Panda (3 133 ex.). La stratégie des constructeurs — proposer des versions hybridées sur des modèles urbains et polyvalents — porte ses fruits. Résultat : le conducteur citadin, qui cherche à limiter consommation et émissions sans basculer sur une électrique pure, plébiscite ces solutions.
Les full hybrid pèsent 14,4 % et confirment l’attractivité de modèles comme la Toyota Yaris (2 449 ex.) et la Yaris Cross (2 228 ex.). Pour les conducteurs qui veulent oublier la recharge domestique mais bénéficier d’une réduction réelle de la conso, c’est l’alternative pratique.
Les plug-in gagnent du terrain, soutenues par les flottes
Les hybrides rechargeables atteignent 8,7 % du marché — une belle progression — avec des modèles comme la BYD Seal U (1 804 ex.), la Toyota C-HR (1 006 ex.) ou la BMW X1 (659 ex.). Ce succès s’explique en partie par l’impact des nouvelles règles fiscales sur les fringe benefits en entreprise : les flottes privilégient désormais davantage les PHEV pour concilier autonomie et fiscalité avantageuse. Pour les dirigeants et les gestionnaires de flotte en Occitanie, c’est un signal clair : la préférence se tourne vers des modèles qui offrent de la flexibilité entre électrique et thermique.
Électrique : stabilisation après les pics
Les VE reprennent une part raisonnable : 6,6 % du marché (9 446 immatriculations) après des pics observés fin 2025. Les modèles cités — Leapmotor T03 (949 ex.), BYD Dolphin Surf (856 ex.), Tesla Model Y (696 ex.) — montrent que le marché électrique se consolide autour d’offres variées, des citadines abordables aux SUV premium. En pratique, cela traduit une normalisation : les électriques deviennent une option de choix, mais la transition reste progressive du fait des infrastructures de recharge et des habitudes d’usage.
Benzine, diesel et GPL : la régression contrôlée
Les motorisations traditionnelles perdent du terrain : l’essence recule à 18,7 % et le diesel à seulement 7,3 % (dépassé par les PHEV). Les modèles thermiques encore demandés sont souvent des best-sellers urbains ou compacts — Jeep Avenger, Citroën C3, Volkswagen T-Cross — qui restent des choix pragmatiques pour les familles et les conducteurs qui font beaucoup de trajets mixtes.
Le GPL tient encore une niche à 6,5 %, avec la Dacia Sandero en tête (2 538 ex.). Cela illustre qu’en zones rurales ou périurbaines (nombreuses en Occitanie), le GPL conserve un attrait pour son coût kilométrique attractif, même si sa part est en déclin face à l’hybridation croissante.
Top modèles : ce qui roule vraiment chez nous
Analysons les best-sellers : la Fiat Panda en tête, suivie par la Jeep Avenger et la Toyota Yaris / Yaris Cross. Ce trio raconte une histoire simple : les Italiens privilégient des voitures compactes, polyvalentes et économes — parfaites pour la ville mais aussi pour les escapades en périphérie. Le succès de la Panda, notamment, confirme l’appétence persistante pour des citadines pratiques, faciles à entretenir et économiques.
Ce que cela signifie pour l’acheteur occitain
Tendances à surveiller pour 2026
Les prévisions UNRAE évoquent 1,54 million d’immatriculations en 2026 — légère hausse, mais encore en deçà des niveaux de 2019. Cela souligne une reprise graduelle mais prudente. Les signaux positifs viennent surtout des politiques de fleets et d’un public qui préfère désormais des solutions hybrides et polyvalentes. Les constructeurs qui réussiront seront ceux qui proposeront une palette complète — mild hybrid, full hybrid, PHEV et électrique — afin de capter chaque profil d’acheteur.
En Occitanie, où les types d’usage sont très hétérogènes (du centre-ville de Toulouse aux routes rurales du Lot), la diversité de l’offre est une bonne nouvelle : elle permet de choisir une voiture adaptée à son usage réel, plutôt que d’imposer une solution unique. Et pour le propriétaire avisé, le conseil reste le même : choisissez en fonction de votre kilométrage annuel, de votre accès à la recharge et de vos priorités économiques.


