Lotus confirme le retour d’une supercar à moteur thermique dans sa feuille de route, mais pas n’importe laquelle : la Type 135 Esprit sera une hybride V8 de très haute performance, destinée à combler l’écart entre l’Emira et l’hypercar électrique Evija. L’annonce faite lors de la présentation des résultats financiers marque un tournant stratégique pour Hethel : après des années d’électrification croissante, la marque remet la mécanique traditionnelle au cœur d’un projet hautement technologique.

Les objectifs chiffrés : 1 000 ch et ~1,5 tonne

Le couple V8 + motorisation électrique vise une puissance dépassant les 1 000 chevaux tout en cherchant à maintenir la masse autour de 1,5 tonne. Sur le papier, c’est ambitieux : un système hybride, surtout de cette puissance, pèse généralement lourd. Lotus, toutefois, mise sur des technologies issues de la compétition — et même de la Formule 1 — pour alléger drastiquement les éléments électriques et récupérer du poids sur la balance.

  • Puissance visée : > 1 000 ch pour la version V8 hybride.
  • Masse visée : proche de 1 500 kg, seuil critique pour conserver l’agilité Lotus.
  • Architecture : moteur central, boîte double embrayage capable de gérer de fortes valeurs de couple.
  • L’effort principal portera donc sur la réduction du poids de l’architecture électrique : Lotus évoque des moteurs électriques compactés à l’extrême, avec des objectifs de masse unitaires bien en dessous des standards actuels. L’idée est de transformer l’électrique non en pénalité de masse, mais en composant performant et léger.

    Technique : comment Lotus entend tenir ses promesses

    Pour garder l’ADN Lotus — chassis léger, réponse directe, agilité remarquable — sans sacrifier la puissance, la marque compte sur plusieurs leviers techniques :

  • Modules électriques ultra-légers, inspirés des développements F1, réduisant radicalement le poids par kW.
  • Transmission DCT (double embrayage) dimensionnée pour encaisser des couples très élevés sans nécessiter des solutions massives.
  • Structure et matériaux avancés : utilisation accrue d’alliages et composites pour le châssis et la carrosserie afin d’abaisser la masse globale.
  • La difficulté, comme l’a souligné la direction, réside précisément dans l’intégration de ces éléments sans dépasser le budget de masse. Chaque kilo économisé sur l’électrique permettra d’allouer plus de marge au bloc V8 et à la sécurité structurelle.

    V6 à l’étude : une déclinaison plus accessible

    Lotus a également indiqué envisager une variante V6, développée en collaboration avec Horse — la joint-venture Geely-Renault —, afin de proposer une gamme plus large et plus accessible. Cette stratégie rappelle la logique de pont entre modèles : offrir une version « d’accès » tout en conservant une déclinaison extrême pour les puristes et les clients de haut vol.

  • V8 : haut de gamme, >1 000 ch, poids optimisé, performances maximales.
  • V6 : alternative potentielle, partageant certaines architectures et composants pour limiter les coûts de développement.
  • La présence possible d’un V6 montre que Lotus ne se ferme pas aux compromis commerciaux : une version V6 permettrait d’augmenter le volume produit et d’amortir les coûts liés aux innovations techniques de la plateforme.

    Positionnement : entre Emira et Evija

    La Type 135 se veut « le pont » entre l’Emira, sportive pure à caractère mécanique, et l’Evija, hypercar électrique extrême. Cela signifie que Lotus souhaite conserver l’émotion mécanique (bruit, réponse moteur, comportement chimique du châssis) tout en offrant des performances proches de celles des hypercars modernes grâce à l’électrification.

    Sur la route, l’enjeu sera de préserver le ressenti typique Lotus : une direction vive, une inertie réduite et une réponse instantanée, malgré l’addition d’un système hybride. C’est ici que la maîtrise du rapport poids/puissance deviendra décisive.

    Défis industriels et calendrier

    Lotus a annoncé la Type 135 pour 2028. D’ici là, plusieurs défis doivent être relevés :

  • Validation des unités électriques ultralégères et de leur fiabilité à haute sollicitation.
  • Développement de la DCT capable d’absorber des couples élevés sans surpoids significatif.
  • Choix industriel : site de production et calendrier d’industrialisation encore non confirmés.
  • La fenêtre 2028 laisse du temps au constructeur pour prototyper, fiabiliser et industrialiser les solutions. Mais la course au poids et à la performance reste une course contre la montre technologique et financière.

    Conséquences pour les passionnés et la marque

    Pour les amateurs de Lotus et les puristes, l’annonce ressemble à une bonne nouvelle : la marque n’abandonne pas l’essence même de son histoire mécanique. Pour le marché, la Type 135 peut réaffirmer Lotus comme une marque capable d’allier émotion mécanique et technologies de pointe, ouvrant la voie à des modèles à la fois désirables et techniquement innovants.

    Reste à voir si le compromis choisi permettra à Lotus de conserver son charme intrinsèque : légereté, dynamisme et sensation de pilotage. Si la Type 135 tient ses promesses, elle pourrait bien devenir la supercar « de cœur » d’une nouvelle génération d’amateurs, offrant un équilibre rare entre puissance frénétique et comportement affûté.

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