La rumeur circule depuis des mois dans les ateliers et les forums d’Occitanie : la Nissan GT‑R renaît. Nissan l’a confirmé officiellement : la génération R36 est en développement. Pour ceux qui, comme moi, aiment sentir la montée en régime d’un V6 biturbo et rêvent d’un retour de Godzilla sur nos routes, voici ce que nous connaissons aujourd’hui — techniques, possibilités d’électrification, plateforme et calendrier hypothétique — avec un regard pragmatique sur ce que cela signifie pour l’usage réel.
Un nom, une légende : R36, pas de rupture mais une évolution
La GT‑R a toujours été une appellation lourde d’histoire. La R35, vendue pendant près de 18 ans, a construit une légende faite de performances pures et d’une efficacité étonnante sur la route et la piste. Nissan garde la logique : la nouvelle devrait logiquement s’appeler R36 et conserver le surnom « Godzilla ». L’héritage stylistique et technique sera préservé, mais on attend une modernisation cohérente avec le langage de design récent de la marque.
Plateforme et architecture : vers du neuf, ou un châssis dédié ?
Nissan a indiqué que la R36 reposera sur une nouvelle plate‑forme. Cela ne veut pas nécessairement dire une architecture inédite exclusivement développée pour la GT‑R, mais il peut s’agir d’une évolution d’architectures premium capables d’accueillir des configurations moteur‑électriques. La R35 utilisait une version évoluée du concept Front Midship ; la R36 pourrait reprendre l’idée d’un centre de gravité bas et d’une répartition des masses optimisée, tout en intégrant des supports pour packs de batteries et moteurs électriques. Un châssis moderne signifierait une caisse plus rigide, une suspension adaptée au surcroît de couple instantané et des trains roulants recalibrés pour l’hybridation.
Moteur : le V6 cultissime reviendra, mais électrifié
Les informations concordent : Nissan ne va pas abandonner le cœur mécanique qui a fait la réputation de la GT‑R. Le VR38DETT, V6 3,8 l biturbo de la R35, servirait de base, mais retravaillé pour l’efficacité et associé à une forme d’électrification. Là où la R35 affichait 565 ch dans sa version classique et jusqu’à 600 ch en Nismo, la R36 pourrait combiner le V6 avec des moteurs électriques pour dépasser facilement les 700 ch cumulés. L’idée est logique : conserver le caractère thermodynamique (sonorité, progressivité) tout en ajoutant l’instantanéité et le surcroît de couple fournis par l’électrique.
Performances attendues : Godzilla toujours menaçant
Si Nissan place la puissance globale autour de 700 ch, on peut projeter des chiffres de performances très compétitifs : un 0‑100 km/h sous les 3 secondes, vraisemblablement dans la zone des 2,5–2,9 s selon la configuration et les pneus. L’hybridation permettrait aussi d’améliorer la réponse à bas régime et la traction, notamment sur surfaces changeantes, grâce à la gestion vectorisée du couple entre roues arrière.
Design et habitacle : évolution plutôt que révolution
Les rendus et les indices laissent penser que Nissan va moderniser la silhouette sans trahir l’ADN GT‑R : proportions compactes, empattement court relatif, capot sculpté et signature lumineuse contemporaine. À l’arrière, on retrouverait les quatre feux circulaires — un clin d’œil obligatoire. À l’intérieur, l’orientation sera clairement tournée vers le pilote : écrans pour l’instrumentation, interface numérique, mais l’espoir d’un maintien de commandes physiques pour l’essentiel subsiste. L’accent sera mis sur l’ergonomie et la connectivité, sans sacrifier les commandes tactiles logiques pour la conduite sportive.
Prix et calendrier : prudence et attentes
Nissan évoque un lancement possible avant la fin de la décennie, mais la production et la commercialisation risquent d’intervenir plus tard (autour de 2028–2030 selon les estimations des experts). Pour le prix, il est raisonnable d’envisager une GT‑R de base positionnée autour de 150 000 dollars sur le marché américain, avec la Nismo bien au‑dessus de la barre des 200 000 dollars. En euros et pour l’Europe, les tarifs varieront selon les taxes et équipements, mais on peut s’attendre à une hausse sensible par rapport à la R35 compte tenu de l’électrification et des coûts de développement.
Impacts pratiques pour les propriétaires et la piste
Pour les passionnés d’Occitanie qui rêvent déjà de reprendre la route vers Albi ou de tester la voiture sur circuit, quelques considérations pratiques : l’hybridation apportera un couple immédiat utile pour les relances en sortie de virage, mais imposera également une gestion thermique plus complexe. Entretiens, calibrations et refroidissement seront au cœur du coût d’usage et des performances réelles. Les ingénieurs Nissan devront garantir une fiabilité digne de la légende GT‑R, même sous fortes sollicitations.
La nouvelle GT‑R sera donc un équilibre entre héritage et modernité : moteur thermique retravaillé, surcroît électrique, plateforme rénovée et orientation pilotage‑centré. Godzilla s’apprête à rugir à nouveau, mais en intégrant la nouvelle donne technologique. Reste à voir si cette évolution satisfera les puristes tout en ouvrant la GT‑R à une nouvelle ère de performances maîtrisées et conformes aux normes actuelles.

