Bugatti change de mains : fin d’une ère Volkswagen et cap sur Rimac
La nouvelle est tombée : Porsche va céder l’ensemble de ses actions dans Bugatti Rimac, marquant la fin d’une présence allemande directe presque trentenaire sur le constructeur de Molsheim. L’opération, programmée pour être finalisée d’ici la fin 2026, transfère le contrôle effectif vers un consortium mené par HOF Capital et BlueFive Capital, avec Rimac Group renforçant sa position de tête via son fondateur Mate Rimac.
Ce que prévoit l’opération
Concrètement, Porsche détenait jusqu’ici 45 % de Bugatti Rimac au sein de la joint‑venture créée en 2021, Rimac Group tenant les 55 % restants. La cession de Porsche à un groupe d’investisseurs institutionnels dirigé par HOF Capital (avec BlueFive Capital comme principal investisseur) modifie l’équilibre capitalistique : Rimac Group conserve et renforce sa position de contrôle, tandis qu’HOF et BlueFive apportent des capacités financières et stratégiques nouvelles.
Un changement historique dans la chronologie de Bugatti
Rappelons le chemin parcouru : après l’épisode italien et Romano Artioli, Bugatti est entrée dans l’orbite du Groupe Volkswagen en 1998. Sous l’impulsion de Ferdinand Piëch, Molsheim est redevenu le siège de la renaissance française, avec une feuille de route technique ambitieuse culminant dans la Veyron puis la Chiron, autour du mythique W16 quadriturbo. Ce fut une ère où la puissance brute et l’ingénierie hors norme ont remis Bugatti au sommet des hypercars.
Quelle stratégie technologique pour l’avenir ?
La joint‑venture Bugatti Rimac avait déjà amorcé une bascule technique : la Bugatti Tourbillon, première hypercar hybride née de cette coopération, abandonne le W16 au profit d’un V16 hybride prolongé par plusieurs moteurs électriques. La nouvelle montée en puissance de Rimac — acteur croate spécialiste de l’électrification et des architectures haute performance — suggère une accélération de cette stratégie électrique/hybride pour Bugatti.
Avec HOF Capital et BlueFive Capital à bord, on peut aussi envisager un double objectif : soutenir l’ambition technologique (R&D, batteries, motorisations hybrides/électriques haute performance) et ouvrir de nouveaux marchés via des investissements ciblés. Rimac apporte l’expertise « EV haute performance », les nouveaux actionnaires apportent la trésorerie et des compétences financières pour accompagner une phase d’expansion.
Conséquences pour les modèles et l’ingénierie
Impact industriel et culturel
Sur le plan industriel, ce glissement symbolise la montée des acteurs non traditionnels (Rimac) et des fonds privés (« new investors ») dans le paysage automobile d’élite, où l’innovation technique et la performance électrique pèsent désormais autant que la tradition mécanique. Culturellement, le « français » Bugatti va changer d’alliances : si le cœur de fabrication reste à Molsheim, la gouvernance et les orientations stratégiques reviendront à des acteurs aux profils différents de ceux du Groupe Volkswagen.
Questions à surveiller pour les mois à venir
Pour l’Occitanie et les passionnés
Depuis Molsheim jusqu’aux routes de nos plates‑formes régionales, Bugatti a toujours fasciné. Ce changement d’actionnariat est plus qu’une nouvelle corporate : il annonce une possible réorientation technologique qui pourrait faire résonner différemment l’écho des hypercars sur nos routes. Les amateurs de mécanique et les collectionneurs devront observer les prochains modèles pour évaluer si la signature sonore et la folie mécanique — tant chères aux puristes — seront préservées, réinterprétées ou réinventées par l’ère Rimac.
L’opération, dont les termes financiers restent confidentiels, devrait être finalisée d’ici la fin de l’année 2026. Elle marque un tournant dans l’histoire de Bugatti : après près de trois décennies sous la houlette allemande, la Maison de Molsheim se repositionne pour un futur plus électrique et piloté par de nouveaux capitaux.

