Mansory frappe fort avec cette Audi RS6 transformée en bête de piste déguisée en break de famille : 1 085 ch, 1 100 Nm de couple et, surtout, la suppression des catalyseurs qui place l’ensemble hors-la-loi dans de nombreux pays. Installé en Occitanie et après avoir lu chaque détail disponible sur cette préparation, je vous livre une analyse technique et pragmatique de ce que représente réellement cette RS6 « extrême » : ses atouts, ses limites, son usage réel et les conséquences d’une transformation aussi radicale.
Une hyperstation : chiffres et mécanique
Le point le plus frappant, c’est la puissance annoncée. Partant d’un V8 biturbo 4.0 déjà surpuissant, Mansory pousse l’ensemble à 1 085 ch grâce à une optimisation logicielle, des modifications des composants d’admission et d’échappement, et à la suppression des systèmes de post-traitement des gaz. Le couple culmine à 1 100 Nm — des valeurs qui transforment le comportement routier de l’auto : accélérations foudroyantes, reprises instantanées et incapacité du conducteur à exploiter toute la disponibilité d’énergie sans un travail de gestion précis.
La grosse modification : la suppression du catalyseur
Techniquement, enlever le catalyseur libère les flux d’échappement et permet d’augmenter les pressions et les températures de fonctionnement du moteur, favorisant une hausse sensible de la puissance. C’est la solution la plus « rapide » pour gagner des chevaux, mais elle a un coût majeur :
Châssis, aérodynamique et freins : l’enveloppe suit
Mansory ne se contente pas d’un simple « stage ». La préparation comprend une refonte esthétique et fonctionnelle : éléments en fibre de carbone (capot, splitter, bas de caisse, diffuseur), jantes forgées de 22 pouces et sortie d’échappement sur mesure. Côté dynamique, ces modifications visent à améliorer le refroidissement (aides aux flux d’air) et la rigidité. Le freinage est évidemment renforcé pour encaisser l’énergie supplémentaire, mais attention : la masse inchangée d’une grande routière limite la finesse dans la sensation et l’endurance par rapport à une voiture pensée d’origine pour ces puissances.
Intérieur et finition : l’exclusif au pouvoir
À l’intérieur, Mansory déroule son savoir-faire en personnalisation : cuir Nappa, Alcantara, inserts carbone et coloris audacieux (ici un turquoise marquant). Le traitement est luxueux et hautement personnalisable — typique du préparateur allemand — et transforme l’habitacle en un espace exclusif qui correspond à la clientèle visée.
Usage réel : piste, salon ou garage ?
Sur le papier, les chiffres impressionnent. En pratique, cette RS6 a trois usages plausibles :
Risques et implications pratiques
Deux préoccupations majeures ressortent :
La question éthique et de marché
Mansory s’adresse à une niche très spécifique : des clients fortunés cherchant l’exclusivité et prêts à accepter les compromis légaux et pratiques. D’un point de vue éthique, la tendance pose une question : peut‑on encore célébrer la performance maximale à tout prix alors que le cadre réglementaire et l’urgence environnementale poussent vers la réduction des émissions ? Les préparations de ce type restent symboliques d’un certain état d’esprit automobile, mais leur avenir est incertain à mesure que les contraintes se durcissent.
Pour qui est faite cette RS6 Mansory ?
Si vous êtes passionné, disposez d’un lieu privé pour exploiter la voiture (circuit, domaine privé) et acceptez de perdre l’homologation et la garantie constructeur, cette RS6 est un ovni technique et esthétique. Pour le conducteur pragmatique ou le propriétaire d’une voiture d’usage quotidien, elle représente un risque trop important : contraintes légales, coûts et perte de polyvalence rendent l’opération peu sensée.
Points techniques à demander avant d’acheter
Avant de céder à la tentation, voici les éléments précis à réclamer au préparateur :



