Le marché automobile italien a clôturé le mois d’octobre 2026 sur une note positive : 131 921 immatriculations, soit une progression de 4,8 % par rapport à octobre 2025. Sur les dix premiers mois de l’année, le cumul atteint 1 400 991 véhicules, en hausse de 8,3 % sur un an, mais toujours en retrait de 13,8 % par rapport à 2019 — un écart qui illustre que la reprise reste incomplète malgré les signes encourageants.
Les grandes tendances : hybrides en tête, BEV encore timides
La dynamique des motorisations continue de redessiner le paysage italien. En octobre, les véhicules hybrides confirment leur domination, couvrant 49 % du marché. À l’intérieur de cette catégorie, les mild hybrid représentent 29,4 % des ventes et les full hybrid 19,6 %. Les hybrides rechargeables (PHEV) progressent fortement et atteignent 12,7 %, contre 7,4 % un an auparavant.
Les véhicules 100 % électriques (BEV) progressent mais restent sous-représentés : 6,1 % des immatriculations en octobre, en hausse d’1,1 point sur un an mais en retrait par rapport aux 7,6 % enregistrés en septembre. L’essence représente encore 17,8 % du marché, le GPL poursuit une présence significative (9 %) tandis que le diesel s’effrite à 5,3 %.
Les gagnants du mois : percée spectaculaire des marques chinoises
Octobre aura surtout été favorable aux constructeurs chinois, qui signent des croissances à deux et trois chiffres. BYD affiche une montée en puissance remarquable : +220,7 % avec 6 009 immatriculations. Omoda & Jaecoo enregistrent respectivement +171,8 % (4 988 unités) et Leapmotor explose avec +455,6 % et 1 600 immatriculations sur le mois. MG, Kia et Toyota montrent également de belles performances, respectivement +37,9 %, +17,6 % et +5,9 %.
Stellantis : un mois difficile malgré Fiat en hausse
Le groupe Stellantis subit un mois délicat : -9,4 % sur octobre, avec 30 334 immatriculations et une part de marché de 23 %. La bonne tenue de Fiat (+6,1 %) ne suffit pas à compenser les reculs significatifs d’Alfa Romeo (-36,6 %) et de Lancia (-42,2 %). D’autres marques du groupe comme Opel et Peugeot accusent aussi des baisses notables (-30,9 % et -12,6 %).
Analyse par carburant : que révèlent ces parts de marché ?
Top des modèles : quelles voitures se vendent le mieux ?
Dans le segment hybride, la Fiat Panda se distingue nettement avec 7 190 unités, loin devant la Toyota Yaris Cross (3 858) et la Toyota Yaris (2 923). La Panda conforte son statut de best-seller national, notamment grâce à son positionnement tarifaire et sa polyvalence en zones urbaines et périurbaines.
Du côté des voitures à essence, la Citroën C3 mène le classement (1 841), suivie du Volkswagen T‑Cross et de la Jeep Avenger. Ces véhicules compacts et crossover restent plébiscités pour leur praticité quotidienne.
En PHEV, BYD Seal U DM‑i s’impose en tête avec 2 588 immatriculations, signe de l’appétence croissante pour des SUV rechargeables offrant une autonomie électrique exploitable au quotidien.
Pour les électriques pures, la BYD Dolphin Surf arrive en tête avec 632 immatriculations, devant la Leapmotor T03 (450) et la Tesla Model Y (335). On note la présence de modèles plutôt compacts et abordables qui se positionnent sur des segments accessibles au plus grand nombre.
Performances annuelles et perspectives UNRAE
Sur le cumul janvier‑octobre, certaines tendances se confirment : Stellantis (+4,3 %), Volkswagen (+3,6 %) et Toyota (+0,3 %) gagnent du terrain, tandis que BYD (+184,9 %), Omoda & Jaecoo (+235,6 %) et surtout Leapmotor (+949,2 %) affichent des croissances fulgurantes sur base relative.
L’UNRAE estime 1,64 million d’immatriculations pour l’ensemble de 2026 (+7,5 % vs 2025) mais prévoit déjà une légère contraction pour 2027 à 1,585 million (-3,4 %). Ces prévisions traduisent l’incertitude du marché face à la transition énergétique, la conjoncture économique et la variabilité des politiques d’incitation.
Qui monte, qui descend : enseignements stratégiques
Pour les acteurs européens traditionnels, la poussée des marques chinoises force à repenser l’offre produit, la stratégie tarifaire et la distribution. Les acheteurs italiens montrent une appétence pour des véhicules hybrides et pour des marques nouvelles qui proposent des solutions convaincantes en termes de rapport équipement/prix.
Implications pour le conducteur occitan
Sur nos routes en Occitanie, ces tendances se traduisent concrètement : davantage d’hybrides dans les parcs, une présence renforcée de SUV compacts et une montée en puissance de modèles électriques urbains. Pour l’usager, cela implique aussi de s’informer sur les offres réelles de garanties, sur la consommation en conditions réelles et sur les infrastructures locales de recharge pour maximiser l’usage des véhicules électrifiés.
Le marché italien d’octobre 2026 illustre une transition en mouvement, accélérée par l’arrivée de nouveaux acteurs et par une préférence marquée pour les hybrides. Les prochains mois seront déterminants pour voir si les BEV parviendront à accélérer leur adoption ou si l’hégémonie des solutions mixtes (hybrides & PHEV) s’installera durablement.

