En Chine, Xiaomi continue de surprendre : après s’être illustrée dans l’électronique grand public, la marque s’attaque désormais au segment automobile avec des propositions audacieuses. La dernière en date est la YU7 GT, version survitaminée du SUV électrique YU7, révélée via les documents déposés auprès du ministère chinois de l’Industrie et de la Technologie. Depuis l’Occitanie, où je parcours souvent routes et départementales à la recherche de nouveautés, je vous livre une analyse détaillée de cette machine qui, sur le papier, joue dans la cour des hypercars tout en adoptant le gabarit d’un SUV.
Fiche technique : des chiffres qui claquent
La YU7 GT reprend l’architecture électrique à deux moteurs de la version standard — un moteur par essieu — mais pousse la puissance à des niveaux inédits pour un SUV de ce segment. Le moteur avant annonce 288 kW (391 ch) et le moteur arrière 450 kW (612 ch), pour une puissance cumulée de 1 003 chevaux. Une valeur qui place le véhicule dans une zone de performance très élevée, proche des hypercars modernes, sans toutefois prétendre battre les records absolus de la SU7 Ultra.
La vitesse de pointe est déclarée à 300 km/h ; l’intervalle 0‑100 km/h n’a pas été communiqué officiellement mais compte tenu de la puissance et de la configuration quatre roues motrices, on peut tabler sur un temps très rapide — potentiellement en-deçà des 3,5 secondes si la gestion électronique et le couple sont optimisés.
La batterie indiquée dans la documentation atteint 102 kWh : une capacité généreuse qui cherche à concilier autonomie et performances. Les limites sont connues : solliciter plus de 1 000 ch en permanence viderait rapidement une telle batterie, d’où le choix d’un équilibre entre puissance nominale élevée et gestion énergétique prudente.
Design et dimensions : un SUV qui lorgne vers l’exotique
Esthétiquement, la YU7 GT assume des lignes musclées et des proportions imposantes. Les modifications par rapport à la version standard sont claires : boucliers avant retravaillés, élargisseurs d’ailes, jantes spécifiques de 21 pouces et un badge « GT » rouge visible à l’arrière. Les ailes élargies et les éléments aérodynamiques laissent présager une orientation performance, avec un look qui rappelle par certains aspects l’allure de la Ferrari Purosangue — d’où la comparaison fréquente dans les medias.
La longueur totale passe à 5,01 mètres, pour un empattement inchangé à 3,00 mètres, ce qui signifie que Xiaomi a joué sur l’encombrement global pour accentuer la présence routière sans toucher à la base mécanique. Ce volume accru favorise probablement un habitacle spacieux et un coffre généreux, atouts non négligeables pour un SUV familial positionné haut de gamme.
Freinage et châssis : indices d’une vraie orientation sportive
Les documents montrent aussi des indices techniques intéressants : l’apparition (non officialisée dans tous les communiqués) d’un hypothétique système de freinage carbocéramique, des étriers peints et des choix de jantes orientés dissipation thermique. Autant d’éléments qui trahissent l’envie de Xiaomi de proposer non seulement des accélérations spectaculaires, mais aussi une tenue de route et une endurance en conditions extrêmes.
Un SUV de plus de 1 000 ch impose une architecture châssis renforcée, suspensions adaptées (probablement pneumatiques ou pilotées) et une gestion électronique sophistiquée pour équilibrer traction, sous‑virage/survirage et reprise d’énergie. La clé sera la cohérence entre la puissance brute et la qualité du tarage du châssis.
Personnalisation et équipements : vers une GT sur mesure
Le dossier du MIIT mentionne également une large palette d’options destinées à la personnalisation : éléments décoratifs pour les optiques, aileron arrière, choix étendus de jantes et stickers. Cela montre que Xiaomi vise une clientèle désireuse d’affirmer une identité forte pour son véhicule.
Sur le plan technologique, la YU7 GT reprend des éléments modernes comme le LiDAR intégré (déjà présent sur d’autres modèles Xiaomi), qui renforce les capacités d’aide à la conduite et d’autonomie. La combinaison d’un pack batteries conséquent et d’un arsenal de capteurs laisse imaginer un niveau d’assistance avancé, éventuellement orienté vers la conduite semi‑autonome.
Prix et positionnement : performant mais compétitif ?
Les rumeurs évoquent un tarif compris entre 450 000 et 500 000 yuans, soit environ 55 000 à 61 000 euros au taux actuel. Si ces chiffres se confirment, Xiaomi joue sur un positionnement extrêmement agressif : proposer une voiture aux allures d’hyper‑SUV et aux chiffres de performances élevés à un prix qui reste, sur le papier, très compétitif par rapport aux productions européennes. Cela peut bouleverser certains segments du marché si la qualité perçue et la fiabilité suivent.
Ce qu’il faut surveiller
Sur les routes d’Occitanie, j’imagine déjà ce SUV gonflé à bloc : une bête d’accélération qui, si elle tient ses promesses, pourrait redéfinir le rapport performances/prix dans l’univers des SUV électriques. Reste à voir si Xiaomi saura allier punch mécanique, fiabilité à long terme et expérience client digne d’un produit premium. Les prochains mois seront déterminants : homologations, essais indépendants et retours d’utilisateurs nous diront si la YU7 GT n’est pas qu’un coup d’éclat mais bien le début d’un acteur solide sur le marché automobile mondial.

