La proposition de faire payer un pass annuel de 1 000 € aux véhicules électriques non‑résidents pour accéder à la ZTL (zone à trafic limité) du centre historique de Rome a provoqué une vive réaction : associations de consommateurs en alerte, débats internes à la majorité municipale et une ouverture du Campidoglio à revoir le texte avant l’approbation finale. En tant que conducteur occitan et observateur des politiques de mobilité urbaine, j’analyse ici les enjeux réels de cette mesure, ses implications pour la transition écologique et ses conséquences pratiques pour les usagers.
Quelle est la mesure envisagée ?
L’initiative portée par l’assesseur à la Mobilité de Rome prévoit d’étendre une obligation de paiement aux véhicules électriques appartenant à des personnes non résidentes de la ZTL du centre historique : un permis annuel fixé à 1 000 €. Jusqu’à présent, ces véhicules jouissaient généralement d’exemptions. La logique affichée par l’administration est de réduire la congestion et de mieux réguler l’accès au centre-ville.
Pourquoi cette mesure suscite‑t‑elle des critiques ?
Plusieurs motifs d’opposition émergent, portés notamment par Adiconsum :
La position du Campidoglio : ouverture au dialogue
Du côté de la municipalité, le discours est plus nuancé. Le président de la commission Mobilité a rappelé que la directive est un acte d’orientation et non une décision finale : la giunta doit encore l’entériner et des modifications peuvent être apportées. Le message est clair — l’exécutif veut limiter la circulation, mais accepte de discuter des modalités et des correctifs en concertation avec les catégories concernées.
Scénarios alternatifs et pistes d’amélioration
Si l’objectif de réduction du trafic est légitime, il existe des solutions plus fines que le « forfait unique » :
Conséquences pratiques pour les conducteurs
Un pass à 1 000 € par an change la donne pour ceux qui utilisaient le centre de Rome pour des motifs professionnels ou familiaux. Pour un automobiliste de province qui vient quelques fois par mois, la mesure pourrait rendre l’accès prohibitivement cher. Ceci pourrait pousser :
Angle économique et social
Taxer les VE de façon importante dans une ville touristique et commerciale comme Rome aura aussi un impact économique non négligeable : commerces du centre, prestataires et usagers qui ont choisi l’électrique pour réduire leurs coûts d’usage risquent d’être pénalisés. De plus, la mesure est socialement sensible : elle pourrait être vécue comme une double peine pour les ménages ayant investi dans un véhicule propre en réponse aux politiques climatiques.
Points de vigilance pour l’Occitanie et les autres collectivités
La discussion romaine doit servir d’alerte utile : les mairies et métropoles françaises qui envisagent des régulations similaires gagneraient à :
Que surveiller dans les semaines à venir ?
La décision finale du Campidoglio et les amendements éventuels seront déterminants. Trois éléments à observer :
Sur nos routes d’Occitanie, cette histoire nous rappelle que la transition doit être à la fois ambitieuse et juste. La fiscalité urbaine peut aider à réduire les nuisances, mais mal calibrée elle freine l’innovation et pénalise ceux qui font l’effort d’adopter une mobilité plus propre. Rome a choisi d’ouvrir le débat : espérons que la concertation permettra d’arriver à une solution équilibrée, pragmatique et incitative.

