Vous remplissez un formulaire d’assurance, vous vendez votre voiture ou vous préparez un dossier administratif, et l’on vous demande la « date du CI » ? Le sigle désigne le certificat d’immatriculation, autrement dit la carte grise. Mais quelle date faut-il indiquer : celle de la première mise en circulation ou celle à laquelle le document actuel a été édité ? La réponse dépend de la démarche. Voici comment repérer les dates sur votre carte grise et éviter les confusions.
« Date du CI » : de quelle date parle-t-on exactement ?
Dans le langage courant, « date du CI » peut désigner la date de création ou d’émission du certificat d’immatriculation. Sur la carte grise, cette information se trouve à la rubrique I. Cependant, certaines personnes emploient cette expression pour parler de la date de première immatriculation du véhicule, indiquée à la rubrique B.
Ces deux dates sont différentes. La rubrique B concerne le véhicule et son historique administratif ; la rubrique I concerne le certificat que vous avez en main. Si un formulaire indique simplement « date du CI » sans autre précision, mieux vaut vérifier les consignes du demandeur ou lui demander quelle date il attend. Une assurance, une administration et un site de vente de voitures ne parlent pas toujours le même langage.
- Rubrique B : date de première immatriculation du véhicule.
- Rubrique I : date à laquelle le certificat d’immatriculation présenté a été établi.
Où trouver la date de première immatriculation ?
La date de première immatriculation se trouve au recto de la carte grise, à la rubrique B. Elle apparaît généralement sous la forme jour/mois/année. Par exemple, « 14/06/2018 » signifie que le véhicule a été immatriculé pour la première fois le 14 juin 2018.
Cette date est souvent celle que l’on vous demande lorsque vous renseignez les caractéristiques de votre voiture sur un comparateur d’assurance, un site de pièces détachées ou une annonce de vente. Elle permet notamment d’identifier la génération du modèle. Deux véhicules portant le même nom commercial peuvent avoir des équipements, des moteurs ou des normes antipollution différents selon leur année de mise en circulation.
Attention : la date inscrite en B ne correspond pas nécessairement au jour où le véhicule est sorti d’usine, ni au jour où vous l’avez acheté. Une voiture peut avoir été fabriquée plusieurs semaines ou plusieurs mois avant sa première immatriculation. Et si vous l’avez achetée d’occasion, la date de votre acquisition ne remplace pas celle qui figure en B.
Où se trouve la date d’émission du certificat ?
Pour connaître la date du certificat d’immatriculation actuel, regardez la rubrique I, au recto du document. Elle correspond à la date d’établissement du certificat présenté. En clair, c’est la date à laquelle cette carte grise a été éditée pour le titulaire et la situation administrative concernés.
Pourquoi cette date peut-elle être postérieure à celle de la rubrique B ? Parce qu’une nouvelle carte grise peut être délivrée à la suite d’un changement de propriétaire, d’adresse ou d’état civil, ou encore après une modification de certaines caractéristiques du véhicule. Le véhicule conserve sa première date d’immatriculation, tandis que le certificat, lui, est renouvelé ou mis à jour.
Exemple : votre voiture a été immatriculée pour la première fois le 14 juin 2018. Vous l’achetez d’occasion en septembre 2023 et une nouvelle carte grise est éditée à votre nom. La rubrique B conserve le 14 juin 2018 ; la rubrique I indique la date d’établissement de votre nouveau certificat. Les deux informations sont exactes, mais elles ne répondent pas à la même question.
À quoi servent les rubriques B et I ?
La rubrique B est essentielle pour identifier l’ancienneté administrative du véhicule. Elle est utile dans de nombreuses situations, notamment pour :
- renseigner une demande d’assurance ou estimer le coût d’un contrat ;
- rechercher des pièces compatibles avec votre modèle ;
- préparer une annonce de vente ou vérifier les informations fournies par un vendeur ;
- effectuer certaines démarches liées aux règles de circulation ou aux dispositifs d’aide ;
- comparer deux véhicules de même modèle, mais d’années différentes.
La rubrique I sert plutôt à identifier la date d’établissement du certificat en votre possession. Elle peut être utile lors de démarches administratives, ou lorsqu’un organisme demande explicitement la date d’émission de la carte grise. Si vous avez reçu un nouveau document après un changement de titulaire, c’est bien la date du certificat actuel qui apparaît à cet endroit.
Dans la pratique, la formulation du formulaire est votre meilleur indice. « Date de première mise en circulation », « date de première immatriculation » ou « année du véhicule » renvoient généralement à la rubrique B. « Date d’établissement du certificat » ou « date d’émission de la carte grise » renvoient à la rubrique I.
Comment lire les autres dates inscrites sur la carte grise ?
La carte grise comprend plusieurs rubriques alphanumériques. Elles permettent de retrouver rapidement les principales caractéristiques du véhicule, à condition de savoir où regarder. Voici les champs les plus utiles lorsqu’on vous demande des renseignements pour une démarche courante :
- A : numéro d’immatriculation du véhicule.
- B : date de première immatriculation.
- I : date d’établissement du certificat présenté.
- D.1 : marque du véhicule.
- D.2 : type, variante et version, selon les informations disponibles.
- D.3 : dénomination commerciale du modèle.
- E : numéro d’identification du véhicule, souvent appelé numéro de série ou VIN.
- F.1 et F.2 : informations relatives aux masses maximales autorisées.
- P.1, P.2 et P.3 : caractéristiques du moteur et type de carburant ou de source d’énergie.
Ces champs ne remplacent pas la lecture attentive du formulaire. Un site peut, par exemple, demander l’année-modèle plutôt que la date exacte d’immatriculation. Une date précise et une année peuvent sembler interchangeables, mais elles ne le sont pas toujours. Si la question est formulée de manière vague, n’hésitez pas à consulter l’aide du site avant de valider votre demande.
Que faire si la carte grise a été renouvelée ?
Après un changement de propriétaire ou une modification de votre adresse, vous pouvez recevoir un nouveau certificat d’immatriculation. Dans ce cas, la date en I change, mais celle en B reste normalement la date de première immatriculation du véhicule. C’est logique : le document évolue, pas l’histoire de la voiture.
Si vous avez conservé une ancienne carte grise, évitez de vous en servir pour une démarche actuelle. Les informations peuvent ne plus correspondre à votre situation, et le document précédent n’est pas celui qui fait foi pour justifier votre immatriculation actuelle. Prenez plutôt la carte grise la plus récente et vérifiez que le numéro d’immatriculation et les informations du titulaire sont à jour.
Vous ne retrouvez plus le document ? Si vous êtes le titulaire, vous pouvez généralement demander un duplicata par les démarches prévues en ligne. En cas de doute sur la marche à suivre, consultez les informations officielles correspondant à votre situation. Méfiez-vous des sites qui promettent une carte grise instantanée ou réclament des frais sans expliquer clairement leur rôle.
Carte grise étrangère, véhicule importé ou mention inhabituelle
Pour un véhicule importé, la date à retenir peut nécessiter une vérification supplémentaire. La rubrique B indique la date de première immatriculation telle qu’elle est enregistrée pour le véhicule sur le certificat français. Selon son parcours administratif, cette date peut différer de celle à laquelle il a été importé ou immatriculé en France.
Si le véhicule a déjà circulé à l’étranger, consultez aussi les documents antérieurs, lorsqu’ils sont disponibles, ainsi que les informations communiquées lors de son immatriculation. Pour une vente, un dossier d’assurance ou une démarche officielle, ne déduisez pas la date à partir de l’année de fabrication ou de la date d’achat : ces éléments ne prouvent pas, à eux seuls, la première immatriculation.
Une date absente, illisible ou manifestement incohérente mérite également une vérification. Comparez les informations avec vos documents et contactez le service compétent si nécessaire. Mieux vaut éclaircir une anomalie avant de finaliser une démarche que devoir corriger un dossier après coup.
Les erreurs fréquentes à éviter
La confusion entre les rubriques B et I est de loin la plus courante. Mais d’autres erreurs peuvent entraîner une réponse incorrecte ou ralentir une démarche :
- Indiquer la date d’achat : elle concerne votre transaction, pas la première immatriculation du véhicule.
- Confondre fabrication et immatriculation : un véhicule peut avoir été produit avant sa première mise en circulation.
- Reprendre une date sur un ancien document : utilisez le certificat actuel pour les informations qui doivent correspondre à votre situation présente.
- Se fier uniquement à l’année du modèle : l’année commerciale ne remplace pas toujours la date exacte demandée.
- Deviner lorsque la consigne est floue : demandez une précision au destinataire du formulaire.
Un petit réflexe peut vous éviter bien des allers-retours : lisez l’intitulé exact du champ, puis repérez la rubrique correspondante sur le document. Si l’on vous demande « la date de première mise en circulation », regardez en B. Si l’on vous demande « la date d’établissement du certificat », regardez en I. C’est aussi simple que ça, une fois les deux cases identifiées.
En pratique : quelle date indiquer ?
Avant de remplir un formulaire, posez-vous une question simple : cherche-t-on à connaître l’âge administratif du véhicule ou la date du document que j’ai en main ? Pour la première question, consultez la rubrique B. Pour la seconde, consultez la rubrique I.
Chez un assureur, un vendeur de pièces ou un site automobile, la date de première immatriculation en B est souvent celle attendue. Pour une demande portant explicitement sur la date d’émission de votre carte grise, c’est la rubrique I qu’il faut lire. En cas de formulation ambiguë, un message au service concerné vous évitera de choisir au hasard.
En résumé pratique : la date de première immatriculation se trouve en B ; la date d’établissement du certificat actuel se trouve en I. Deux dates, deux usages. La prochaine fois qu’un formulaire vous demande la « date du CI », vous saurez où regarder — et surtout quelle question poser si le sigle manque de précision.

