Vous remplissez un formulaire d’assurance, préparez la vente de votre voiture ou cherchez simplement à savoir ce que cache sa fiche technique ? La question de la motorisation revient vite. Sur la carte grise, pourtant, il n’existe pas une case unique intitulée « motorisation ». Plusieurs rubriques donnent des indices complémentaires : carburant, cylindrée, puissance et type du véhicule.
Pas de panique : nul besoin d’être mécanicien ni de déchiffrer un grimoire administratif. Voici où regarder sur le certificat d’immatriculation et comment interpréter les informations sans confondre puissance fiscale, puissance moteur et énergie utilisée.
La motorisation, une information répartie sur plusieurs cases
Dans le langage courant, la motorisation désigne l’ensemble qui permet au véhicule de se déplacer : son type de moteur, son énergie et ses caractéristiques principales. Sur la carte grise, ces éléments sont répartis dans différentes rubriques normalisées. Pour vous faire une idée assez complète, commencez par examiner les cases P.1, P.2 et P.3.
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P.1 indique la cylindrée du moteur, exprimée en centimètres cubes. Cette donnée concerne principalement les moteurs thermiques.
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P.2 correspond à la puissance nette maximale, exprimée en kilowatts (kW).
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P.3 précise le type de carburant ou la source d’énergie du véhicule.
Ces rubriques ne racontent pas exactement la même chose. P.1 renseigne sur la cylindrée, P.2 sur une valeur de puissance et P.3 sur l’énergie utilisée. Les lire ensemble permet donc de mieux cerner la motorisation que de s’arrêter à une seule case.
Où se trouvent les informations sur le certificat d’immatriculation ?
Sur une carte grise au format actuel, les repères sont imprimés directement devant les valeurs correspondantes. Prenez le document et cherchez la partie consacrée aux caractéristiques techniques, sur la droite. Les champs commençant par la lettre P y sont regroupés.
La case P.3 est souvent le moyen le plus rapide de repérer si la voiture fonctionne à l’essence, au gazole ou à l’électricité. Pour vérifier plus précisément ses caractéristiques, regardez ensuite P.1 et P.2. La case P.6, elle, indique la puissance fiscale en chevaux fiscaux : elle peut être utile pour des démarches administratives, mais ne correspond pas à la puissance mécanique du moteur.
Vous n’avez plus la carte grise sous la main ? Ces données peuvent aussi figurer sur le certificat provisoire d’immatriculation, certains documents d’assurance ou des fiches techniques. Mais si vous devez communiquer une information officielle, le certificat d’immatriculation reste la référence à privilégier.
Que signifie la case P.1, la cylindrée ?
La case P.1 donne la cylindrée totale du moteur, en centimètres cubes. Sur une voiture thermique, elle correspond au volume déplacé par les pistons dans les cylindres lors de leur fonctionnement. Une cylindrée de 1 498 cm³ est souvent présentée comme un moteur de 1,5 litre, tandis que 1 968 cm³ correspond généralement à environ 2,0 litres.
Cette valeur ne permet pas, à elle seule, de savoir si une voiture est puissante ou agréable à conduire. Un petit moteur équipé d’un turbocompresseur peut développer davantage de puissance qu’un moteur atmosphérique de cylindrée supérieure. À l’inverse, deux moteurs de même cylindrée peuvent offrir des performances et des sensations très différentes.
Sur un véhicule électrique, la cylindrée n’a pas de sens au même titre que sur un moteur thermique. Selon le véhicule et les données d’homologation, la case P.1 peut être renseignée de façon particulière ou ne pas fournir une valeur comparable à celle d’une voiture essence. Pour une électrique, les cases liées à la puissance et à l’énergie sont donc plus parlantes.
La puissance en kW : ce que révèle la case P.2
La case P.2 indique la puissance nette maximale du moteur, exprimée en kilowatts. Dans les publicités automobiles et les conversations de garage, on parle plus souvent de chevaux, ou de chevaux-vapeur. Pour obtenir une conversion approximative, multipliez la valeur en kW par 1,36.
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74 kW correspondent à environ 101 chevaux ;
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96 kW correspondent à environ 131 chevaux ;
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110 kW correspondent à environ 150 chevaux.
Il s’agit d’une conversion arrondie : les chiffres présentés dans une brochure commerciale peuvent varier légèrement selon la manière dont la puissance est exprimée et arrondie. Si vous avez besoin de la valeur administrative exacte, conservez celle inscrite en P.2 plutôt que de vous fier à un calcul de tête.
Pour les véhicules hybrides ou électriques, l’interprétation peut demander un peu plus d’attention. La puissance retenue sur le certificat dépend des caractéristiques homologuées du véhicule ; elle ne correspond pas nécessairement à une simple addition de toutes les puissances annoncées pour les différents moteurs. En cas de doute, la fiche technique du modèle ou les informations du constructeur permettront de préciser le fonctionnement du système.
P.3 : reconnaître le carburant ou l’énergie
La case P.3 désigne le type de carburant ou la source d’énergie. Elle peut afficher un mot, une abréviation ou un code. Parmi les mentions courantes, on rencontre notamment :
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ES pour une voiture à essence ;
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GO pour un véhicule fonctionnant au gazole ;
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EL pour l’électricité ;
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EH pour certaines motorisations hybrides essence-électricité ;
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FE pour certains véhicules compatibles avec le superéthanol E85 ;
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GPL pour le gaz de pétrole liquéfié.
Les mentions peuvent dépendre de la configuration homologuée et évoluer selon le véhicule. Une voiture hybride rechargeable, par exemple, associe un moteur thermique et un moteur électrique, mais sa désignation administrative ne détaille pas nécessairement tout son fonctionnement. Si le code figurant sur votre document ne vous parle pas, vérifiez-le auprès du constructeur ou dans une source administrative fiable.
Autre point à garder en tête : un véhicule transformé, par exemple pour rouler au GPL, peut avoir une situation particulière selon que la transformation a été homologuée et déclarée. La carte grise doit refléter les caractéristiques réglementaires du véhicule. Ne vous fiez donc pas uniquement à un autocollant sur la trappe à carburant ou à ce que vous a raconté l’ancien propriétaire.
Puissance fiscale et puissance moteur : ne les confondez pas
La case P.6 indique la puissance administrative, exprimée en chevaux fiscaux. Elle sert notamment à calculer certains frais liés à l’immatriculation et figure souvent dans les critères utilisés par les assureurs. Mais ce chiffre ne donne pas la puissance réelle du moteur.
Une voiture affichant 6 chevaux fiscaux ne développe donc pas forcément 6 chevaux sous le capot. Cette valeur résulte d’un calcul administratif, lié aux caractéristiques du véhicule et aux règles applicables. Pour connaître la puissance moteur en kW, c’est la case P.2 qu’il faut consulter. Pour la cylindrée, regardez P.1.
Cette confusion est fréquente lors de l’achat d’une voiture d’occasion. Un vendeur peut annoncer « 7 chevaux » en parlant de la puissance fiscale, tandis que l’acheteur pense entendre parler de chevaux-vapeur. Pour éviter les malentendus, demandez toujours la valeur en kW ou la fiche technique complète.
À quoi servent les rubriques D.2 et D.2.1 ?
La rubrique D.2 indique le type, la variante et la version du véhicule. Ce code peut sembler obscur, mais il identifie une configuration précise dans les données d’homologation. La rubrique D.2.1, lorsqu’elle est renseignée, correspond au code d’identification national du type, appelé CNIT.
Ces références ne décrivent pas directement le carburant ou la puissance comme le font les cases P.1 à P.3. Elles peuvent toutefois être utiles pour retrouver les caractéristiques exactes d’une version, surtout lorsque plusieurs motorisations sont proposées sous le même nom commercial. Une même citadine peut, par exemple, exister en essence, en hybride et en électrique : son nom seul ne suffit pas à identifier le bon modèle.
Lors d’une recherche de pièces, d’une demande de devis ou d’une vérification avant achat, le type et la version peuvent éviter de commander un élément incompatible. Pensez à communiquer les codes complets plutôt qu’à dire simplement : « C’est une Clio » ou « une 308 ». Les garages et vendeurs de pièces apprécieront cette précision, et votre portefeuille aussi.
Quelques exemples pour lire les cases sans se tromper
Imaginons une voiture dont la carte grise indique P.1 : 1 498, P.2 : 96 et P.3 : ES. On peut en déduire qu’il s’agit d’un véhicule essence avec une cylindrée de 1 498 cm³ et une puissance maximale de 96 kW, soit environ 131 chevaux. Il faudra consulter P.6 séparément pour connaître sa puissance fiscale.
Sur une voiture électrique, P.3 peut mentionner l’électricité, tandis que P.2 donne une puissance en kW. Une valeur de 100 kW correspond à environ 136 chevaux selon la conversion habituelle. En revanche, la cylindrée d’un moteur thermique ne s’applique pas de la même façon : mieux vaut ne pas interpréter P.1 comme si l’on avait affaire à un moteur essence classique.
Enfin, pour un véhicule hybride, P.3 peut signaler une énergie combinant essence et électricité. La carte grise est un bon point de départ, mais elle ne remplace pas la documentation du constructeur si vous cherchez à connaître l’autonomie électrique, la capacité de la batterie ou la puissance cumulée annoncée dans une brochure.
En cas d’erreur ou d’information manquante
Vous constatez une incohérence entre la carte grise et le véhicule ? Par exemple, le document indique une énergie différente de celle que vous utilisez, ou les caractéristiques semblent incompatibles avec le modèle. Ne modifiez pas vous-même les informations et ne vous contentez pas d’une promesse orale du vendeur.
Rassemblez les justificatifs utiles, comme le certificat de conformité, une facture de transformation ou les documents remis par le constructeur, puis contactez le professionnel ou l’administration compétente pour connaître la démarche adaptée. Les corrections et mises à jour doivent suivre les procédures officielles, notamment si le véhicule a été modifié.
Pour un véhicule ancien dont le document est abîmé ou présente une présentation différente, les repères peuvent être moins faciles à lire. Dans ce cas, comparez les champs disponibles et faites confirmer les caractéristiques à partir du numéro d’identification du véhicule, indiqué en case E. Ce numéro permet de distinguer précisément une voiture d’une autre, même lorsque leur modèle et leur apparence sont identiques.
Les bons réflexes avant un achat ou une démarche
Avant de remplir un formulaire, de souscrire une assurance ou d’acheter une voiture d’occasion, vérifiez les informations plutôt que de vous fier à une annonce succincte. Un moteur « 1,5 litre » ne vous dit pas à lui seul s’il est essence, diesel ou associé à une hybridation. Et « 130 chevaux » ne vous indique pas sa puissance fiscale.
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Consultez P.3 pour le carburant ou l’énergie.
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Regardez P.1 pour la cylindrée d’un moteur thermique.
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Utilisez P.2 pour la puissance moteur en kilowatts.
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Réservez P.6 à la puissance fiscale.
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En cas de doute sur une version précise, relevez aussi D.2, D.2.1 et le numéro d’identification en E.
Avec ces quelques repères, la carte grise devient beaucoup plus lisible. La motorisation n’est pas résumée par un seul chiffre : elle se comprend en croisant plusieurs cases. Une petite vérification avant de signer un contrat ou de commander une pièce peut vous épargner une erreur coûteuse — et un aller-retour inutile chez le garagiste.



