Après un début d’année 2025 marqué par une baisse, le marché des camions enregistre une légère reprise avec une croissance de 1,8 % en février. Ce renversement intervient après quatre mois consécutifs de déclin, mais il ne suffit pas à rassurer totalement les experts du secteur. Face à des conditions économiques incertaines et un climat géopolitique tendu, le secteur continue de faire face à de nombreux défis.

Tendances du marché en février 2025

Selon les données du Centre d’Études et de Statistiques de l’UNRAE, le mois de février 2025 a vu l’immatriculation de 2 285 véhicules de plus de 3,5 tonnes, contre 2 245 pour le même mois de l’année précédente. Bien que cela représente une augmentation globalisée, toutes les catégories de poids n’ont pas bénéficié de cette embellie de manière égale.

  • Les véhicules légers (entre 3,51 et 6 tonnes) sont ceux qui enregistrent la plus forte progression, avec une augmentation de 6,3 %.
  • En revanche, les véhicules moyen-légers (entre 6,01 et 15,99 tonnes) subissent une diminution de 2,9 %.
  • Le segment des poids lourds, c’est-à-dire les véhicules de plus de 16 tonnes, a vu ses ventes croître de 2,2 %, atteignant 1 911 unités vendues, avec une progression notable de 18 % pour les camions, atteignant 833 unités vendues.
  • Les tracteurs routiers, bien que jouant un rôle clé dans le transport industriel, quant à eux, ont chuté de 7,3 %, se stabilisant à 1 078 unités vendues.

Implications économiques et géopolitiques

Le contexte économique mondial joue un rôle primordial dans la dynamique actuelle du marché des camions en Europe. Enchevêtrée dans les stratégies économiques des marchés nord-américains et asiatiques, l’Europe doit renforcer son indépendance industrielle pour relever les défis posés par la concurrence mondiale. Cette situation expose la vulnérabilité de l’industrie italienne et met en lumière la nécessité d’une meilleure adaptation aux politiques économiques internationales.

Parmi les mesures récemment annoncées par la Commission Européenne, le Plan d’Action pour le secteur automobile introduit des éléments favorables mais jugés insuffisants. La prolongation de l’exemption des péages pour les véhicules industriels à zéro émission, inscrite dans la Directive Eurovignette, bien que positive, arrive à un moment où le secteur a besoin de mesures plus robustes et immédiates pour marcher vers la durabilité.

Recommandations pour le secteur des poids lourds

Il est crucial de mettre en place des initiatives supplémentaires pour soutenir le secteur. Ces recommandations incluent :

  • Étendre les flexibilités offertes aux véhicules légers en matière d’objectifs d’émissions à leurs homologues lourds.
  • Promouvoir des investissements plus substantiels pour le développement des infrastructures de recharge, cruciales pour l’adoption accrue de véhicules à faibles émissions.
  • Élaborer des incitations pour encourager l’adoption de véhicules à très faibles ou à zéro émission.

Avec une légère croissance observée en février, le secteur des véhicules industriels reste néanmoins sous la pression d’un environnement incertain. Le mouvement vers une reprise complète nécessite des politiques concertées et une vision stratégique centrée sur la transition écologique et l’innovation technologique. L’adaptation à un marché de plus en plus exigeant sur les plans environnementaux et économiques est essentielle pour garantir un avenir durable au secteur des camions en Europe.