Mercedes EQS 2027 : 925 km WLTP, architecture 800 V et un volant « spatial » — le luxe électrique repensé
Mercedes remet à jour sa grande berline électrique EQS pour le millésime 2027 et le changement est profond : pas seulement un restylage cosmétique, mais une refonte technique touchant plus d’un quart des composants. L’argument majeur sur la fiche technique attire immédiatement l’œil : une autonomie théorique allant jusqu’à 925 km WLTP pour la version EQS 450+. Ajoutons une architecture électrique en 800 volts, la possibilité de recharges ultra‑rapides, un nouveau train motopropulseur et… l’arrivée du steer‑by‑wire, qui permet d’envisager un volant non conventionnel. Autant dire que Mercedes joue gros sur le terrain de l’innovation et de la démonstration technologique.
Design et habitacle : une évolution mesurée mais marquante
Extérieurement, la EQS conserve sa silhouette longiligne et ultra‑aérodynamique — élément clé de son efficacité — mais adopte un visage rafraîchi : nouveau capot, optiques redessinées et une calandre à signature lumineuse étoilée rétro‑éclairée. Les variantes de finition (de la version de base aux packs AMG Line) offrent des traitements contrastés, la AMG Line privilégiant un rendu plus sombre et sportif avec une étoile centrale illuminée.
À l’intérieur, l’emblématique MBUX Hyperscreen (55″) reste au cœur de l’expérience, mais avec un système d’exploitation MB.OS revu et une intégration logicielle enrichie, notamment via un assistant vocal dopé à l’intelligence artificielle — fruit d’un travail mené avec Microsoft. Le confort se veut encore supérieur : garnitures de meilleure qualité, sièges arrière retravaillés avec écrans dédiés et petites attentions comme des ceintures chauffantes. Mercedes veut positionner la EQS comme un sanctuaire mobile hautement technologique.
Steer‑by‑wire : vers un nouveau rapport conducteur‑voiture
La nouveauté la plus disruptive est l’introduction du steer‑by‑wire, supprimant le lien mécanique traditionnel entre le volant et la direction. Ce système permet d’adapter le rapport de démultiplication, d’affiner le ressenti et d’envisager des formes de volant inédites — Mercedes évoque la possibilité d’un « yoke » (volant en forme de demi‑cercle). Pour le conducteur, cela signifie une personnalisation poussée de la réponse de la direction et une réduction potentielle des vibrations transmises, mais l’enjeu ergonomique et sécuritaire reste majeur : la sensation, la redondance et la confiance doivent être parfaitement calibrées.
Batterie, architecture 800 V et performances de charge
Sur le plan énergétique, Mercedes passe à une architecture 800 V, clef pour réduire significativement les temps de charge. Associée à une batterie qui passe de 118 à 122 kWh et à une chimie à densité énergétique accrue, la marque annonce des recharges ultra‑rapides (jusqu’à 350 kW). Dans les conditions optimales annoncées, la voiture peut reprendre environ 320 km d’autonomie en seulement 10 minutes — un argument qui change la donne pour la praticabilité des longs trajets en électrique.
La gamme proposera différentes motorisations : versions propulsion et 4MATIC, avec des moteurs plus efficients. Sur les modèles à double moteur, le système pourra désactiver l’organe avant lorsque cela est pertinent pour économiser l’énergie. Un nouveau rapport à deux vitesses sur l’essieu arrière est également introduit pour améliorer à la fois l’accélération et l’efficacité aux vitesses élevées, ce qui est pertinent pour une grande routière.
Chiffres et exploitation réelle
L’autonomie annoncée de 925 km WLTP pour la EQS 450+ est spectaculaire et frôle celle d’un diesel ; toutefois, comme toujours avec le WLTP, ces valeurs dépendent fortement du profil d’usage — climat, vitesse moyenne, options montées, conditions de charge et typologie des trajets. Mercedes n’a pas encore communiqué les tarifications officielles pour ce restylage, mais il est raisonnable d’attendre des prix en légère hausse par rapport au modèle actuel, dont le ticket d’entrée se situe autour de 130 000 €.
Conduite, confort et ciblage client
Au volant, les évolutions techniques visent à rendre l’EQS plus agréable sur longues distances : meilleure insonorisation, livraisons de couple plus progressives grâce aux nouveaux moteurs et boîte à deux rapports, et une conduite plus douce promise par le steer‑by‑wire. L’idée est de conforter l’image de limousine technologique, destinée à une clientèle qui recherche à la fois luxe, autonomie et innovation embarquée.
Ce que cela signifie pour le marché
Sur les routes d’Occitanie, une EQS 2027 pourrait se montrer redoutablement confortable sur les trajets autoroutiers — mais la question restera : dans quelle proportion ces prouesses techniques se traduiront‑elles en gains réels pour l’utilisateur quotidien, versus la complexité et le coût associés ? En attendant, Mercedes pose, avec cette EQS réinventée, un jalon important dans l’évolution du luxe électrique.



