Ford et Geely : la révolution industrielle arrive à Valence
Une nouvelle page s’écrit pour l’usine Ford de Valence. Ford Motor Company et Geely Automobile Holdings ont annoncé la création d’une joint‑venture visant à transformer le site espagnol en un pôle de production partagé pour véhicules « nouvelle génération ». La structure devrait être opérationnelle après les autorisations réglementaires, avec une participation de 66 % pour Ford et 34 % pour Geely. Objectif affiché : produire en Europe des modèles multi‑energy et électriques, optimisant les capacités industrielles face aux défis concurrentiels et aux exigences environnementales croissantes.
Un site stratégique qui garde la Kuga en production
L’usine de Valence, ouverte en 1976 et capable de produire jusqu’à environ 500 000 véhicules par an, conserve un rôle central pour Ford en Europe. La Kuga 2026 continuera d’y être assemblée sans interruption durant la transition. C’est une bonne nouvelle pour les salariés et pour la continuité industrielle : la Kuga, notamment dans ses versions plug‑in hybrid, reste un modèle stratégique pour le constructeur sur le marché européen.
Le plan produits : qui fabriquera quoi et quand ?
La feuille de route industrielle prévoit l’arrivée de plusieurs modèles dès 2028 :
Autrement dit, Valence deviendra un site mixte, abritant des produits aux marques différentes mais conçus pour répondre aux attentes spécifiques des consommateurs européens en matière d’électrification et d’efficacité énergétique.
Pourquoi ce partenariat ? Contexte et enjeux industriels
La décision s’inscrit dans une logique pragmatique : l’industrie automobile européenne fait face à des coûts de production élevés, à des normes environnementales toujours plus strictes et à la pression des groupes mondiaux, notamment d’origine asiatique. Le partage des capacités et des compétences permet de :
Pour Ford, c’est une stratégie d’accélération : utiliser des partenariats ciblés pour gagner en vitesse et en efficience. Pour Geely, c’est une avancée dans son implantation européenne, après plusieurs opérations d’envergure ces dernières années.
Aspects techniques : multi‑energy et plateformes partagées
Le mot clef ici est « multi‑energy » : il s’agit de cocher plusieurs cases techniques — plateformes capables d’accueillir motorisations thermiques, hybrides rechargeables et électriques pures. Pour un site comme Valence, cela implique :
Sur le plan ingénierie, l’apport mutuel Ford‑Geely permettra de partager solutions logiciels, modules de châssis et expertises sur les groupes motopropulseurs électriques — accélérant ainsi le développement produit tout en optimisant coûts et délais.
Impact social et territorial : l’enjeu de l’emploi local
Transformer Valence en hub multi‑marques donne une excellente opportunité pour maintenir et potentiellement renforcer l’emploi industriel en Espagne. L’enjeu pour les autorités locales et les syndicats sera de garantir :
Pour la région, c’est l’assurance de conserver une activité industrielle hautement qualifiée et de participer à la production de véhicules adaptés au marché européen.
Risques et points de vigilance
Une opération de cette ampleur comporte des risques qu’il faudra surveiller :
La réussite dépendra autant de la stratégie industrielle que de la capacité des deux groupes à piloter la transformation humaine et logistique du site.
Ce que cela signifie pour le conducteur européen
Concrètement, l’opération promet des gammes mieux adaptées aux attentes locales : voitures conçues pour les marchés européens, disponibles en variantes électriques et hybrides, et produites sur le continent. Cela peut se traduire par des délais de mise sur le marché plus courts, des coûts de distribution optimisés et, potentiellement, une meilleure accessibilité des modèles électrifiés grâce à l’efficience industrielle dégagée par la joint‑venture.
Un retour vers une industrie plus collaborative
Cette alliance Ford‑Geely illustre une tendance plus large : la coopération entre constructeurs pour mutualiser coûts et technologies face à un marché en mutation rapide. Pour Valence, c’est une chance de se moderniser et de rester au cœur de la production automobile européenne. Pour nous, conducteurs et passionnés, c’est surtout la perspective d’un choix produit plus large, adapté et compétitif sur le sol européen.


