Une Ferrari F50 noire — et pas n’importe laquelle — s’apprête à faire sensation lors d’une prochaine vente aux enchères organisée par RM Sotheby’s : l’exemplaire identifié sous le numéro de châssis 106715, rare et certifié Ferrari Classiche, pourrait atteindre une cote comprise entre 5 et 6 millions de livres sterling (soit environ 6 à 7 millions d’euros). Pour les collectionneurs et passionnés, c’est l’occasion d’observer un phénomène de marché qui redonne des lettres de noblesse à une supercar souvent restée dans l’ombre de la mythique F40.
Une F50 pas comme les autres
Produite à seulement 349 exemplaires, la F50 est déjà une voiture d’exception par sa configuration technique : V12 atmosphérique 4,7 litres dérivé de la monoplace de F1, châssis monocoque en fibre de carbone et caractère de conduite résolument brut. L’exemplaire en question se distingue par sa livrée noire — une rareté pour la F50 dont la majorité des unités étaient sorties en Rosso Corsa. Seuls quatre exemplaires furent initialement produits en noir par l’usine, ce qui magnifie l’unicité de cette voiture.
Sa trajectoire est par ailleurs singulière : livrée neuve au Japon via le concessionnaire Cornes de Tokyo, elle a ensuite transité au Royaume‑Uni et subi diverses transformations esthétiques, dont une période avec une livrée blanche et un kit Liberty Walk. Ramenée ensuite à une configuration plus respectueuse de son état d’origine, elle a finalement été confiée à la Carrozzeria Zanasi à Maranello pour une mise en valeur et une restauration de haut niveau, signant la connexion directe avec le berceau Ferrari.
Authenticité et état mécanique : deux atouts majeurs
La valeur d’une Ferrari de cette catégorie repose sur la combinaison de sa rareté et de l’authenticité de ses composants. Ici, la F50 présentée par RM Sotheby’s affiche des éléments capitaux d’origine — châssis, moteur, boîte et carrosserie — et a obtenu la certification Ferrari Classiche en 2016. Ce certificat atteste la conformité et l’authenticité mécanique, un critère déterminant pour les acheteurs de haut niveau.
Le kilométrage, inférieur à 26 200 km, et un dernier entretien récent (mai 2026) renforcent la confiance des enchérisseurs. Les travail de maintenance à prévoir est limité et traditionnel pour ce type d’auto : remplacement des pneumatiques et éventuelle révision des réservoirs de carburant. Autant d’opérations prévisibles qui ne gênent pas la valeur globale mais qu’un futur propriétaire devra prendre en compte.
Valeur technique et expérience de conduite
La F50 n’est pas seulement une pièce de collection ; c’est une expérience de pilotage pure. Son V12 atmosphérique, directement inspiré de la F1, développe 520 ch à 8 500 tr/min et offre une sonorité et une réactivité que peu de supercars modernes peuvent reproduire sans assistance électronique massive. Les performances restent impressionnantes : 0‑100 km/h en moins de 4 secondes et une vitesse de pointe de 325 km/h.
Cependant, au‑delà des chiffres, c’est l’ergonomie dépouillée et la sensation pure qui séduisent les puristes : absence d’assistance envahissante, retour direct du moteur et comportement dynamique tautologique. Pour beaucoup de collectionneurs qui possèdent déjà des F40, Enzo ou LaFerrari, la F50 reste souvent citée comme la plus « immersive » à conduire.
Historique d’appropriations et expositions
L’histoire de cette F50 inclut des passages remarquables : participations à des événements prestigieux tels que le Goodwood Festival of Speed et le Salon Privé. Ces apparitions ajoutent du prestige et de la visibilité à l’auto, éléments appréciés par les acquéreurs potentiels soucieux de traçabilité et d’exposition publique.
Estimation et dynamique du marché
Pourquoi le marché redécouvre la F50 ?
Longtemps eclipsée par la F40, la F50 connaît aujourd’hui une revalorisation : son lien technique étroit avec la F1, sa production limitée et son expérience de conduite brute correspondent à une demande croissante parmi les collectionneurs pour des voitures à sensations « pures ». L’évolution des goûts du marché — valorisation des voitures historiques bien documentées et désir d’expériences de pilotage non filtrées — fait de la F50 un candidat naturel pour des enchères élevées.
Ce que doit anticiper l’acheteur
En Occitanie comme ailleurs, la nouvelle d’une F50 noire aux enchères alimente les discussions : pour un grand passionné, posséder une telle voiture, c’est détenir un morceau vivant de l’histoire Ferrari, à la croisée de la technologie de compétition et de l’artisanat automobile. La vente de juillet pourrait bien figurer parmi les faits marquants de l’année 2026 sur le marché des voitures de collection.



