Le sujet des accises sur le carburant revient régulièrement dans les débats publics et experts, surtout dans le contexte actuel où l’Union européenne pousse pour des réformes énergétiques conséquentes. Récemment, le gouvernement a décidé de réajuster les taxes sur le diesel, les augmentant progressivement pour les aligner avec celles de l’essence d’ici 2030. Cette décision, bien que controversée, s’inscrit dans un cadre plus vaste de politique environnementale et économique.
Pourquoi Augmenter les Taxes sur le Diesel ?
Historiquement, le diesel a bénéficié d’une fiscalité plus avantageuse que l’essence pour plusieurs raisons. D’abord, les moteurs diesel sont généralement plus économes en carburant, ce qui en a fait le choix privilégié pour les véhicules utilitaires, tels que les camions et les fourgonnettes. Une taxation plus basse du diesel vise donc à soutenir l’industrie du transport en réduisant les coûts logistiques, ce qui se répercute positivement sur le prix des marchandises pour les consommateurs.
Cependant, ce régime fiscal avantageux pour le diesel a également été justifié par la croyance que le diesel était plus « propre » que l’essence, du fait de ses moindres émissions de CO2. Cependant, les découvertes récentes ont montré que bien que le diesel émette moins de CO2, il libère en revanche davantage de polluants nocifs, tels que les oxydes d’azote (NOx) et les particules fines, plus dangereux pour la santé publique.
Les Sussidi Ambientalement Dannosi (SAD)
Dans le cadre du Plan National de Relance et de Résilience (PNRR) après la pandémie de Covid-19, l’Union européenne a exigé une série de réformes, y compris la réduction des Sussidi Ambientalement Dannosi (SAD). Ceux-ci représentent des subventions ou des avantages fiscaux qui, tout en étant économiquement bénéfiques à court terme, encouragent des pratiques nuisibles à l’environnement à long terme.
En Italie, la différence de taxation entre l’essence et le diesel est l’un de ces SAD, d’une valeur d’environ 3,1 milliards d’euros. La révision des accises vise ainsi à corriger cette distorsion, dans un effort pour aligner la politique fiscale sur les objectifs climatiques de l’UE.
L’Impact des Nouvelles Accises
A terme, le plan prévoit de porter les accises sur le diesel à 0,6725 €/l, à l’instar de celles sur l’essence, actuellement à 0,7284 €/l, avec pour objectif final une égalisation d’ici 2030. Pratiquement, cela signifiera une augmentation annuelle de 1 à 1,5 centime par litre de diesel, compensée par une réduction parallèle des accises sur l’essence.
Cet ajustement pourrait entraîner une hausse des coûts annuels pour les conducteurs de véhicules diesel, estimée entre 15 et 22 euros, selon les associations de consommateurs. Cette initiative répond non seulement à des impératifs environnementaux mais s’inscrit également dans une stratégie plus large de transition énergétique.
Alors que le projet est en cours d’examen parlementaire et devrait entrer en vigueur d’ici 2026, il a déjà suscité des réactions mitigées parmi les automobilistes et les organisations professionnelles. Néanmoins, cette mesure s’inscrit dans une perspective plus large de réduction de l’empreinte carbone du secteur des transports, essentielle à la réalisation des objectifs de durabilité à long terme.