En France, le motopropulseur Puretech, emblème technologique du groupe Stellantis, génère actuellement une crise sans précédent sur le marché des véhicules d’occasion. Les nombreux déboires mécaniques et les rappels en série affectent sévèrement la réputation des voitures équipées de ce moteur, et ce sont surtout les concessionnaires qui en subissent les lourdes conséquences, adoptant des mesures restrictives pour compenser ces difficultés.
Un rejet massif des concessionnaires
Les concessionnaires automobiles en France sont de plus en plus réfractaires à l’idée de reprendre des véhicules équipés du moteur Puretech, citant des défauts de fabrication qui persistent malgré plusieurs tentatives de rectification. Frédéric Hubert, directeur de Wynaps Auto, s’est exprimé sans détour à ce sujet : « Nous ne pouvons plus accepter ces véhicules. Leur revente est devenue quasiment impossible sur le marché de l’occasion ». Cette décision est particulièrement ressentie dans le sud de la France, région où même les concessionnaires officiels de Peugeot et Citroën limitent considérablement l’acceptation des modèles touchés.
Une dépréciation dramatique des valeurs
La perte de confiance envers les véhicules équipés de moteurs Puretech se traduit par une chute spectaculaire de leur valeur sur le marché. Par exemple, une Peugeot 208 de 2022 s’est vendue à seulement 5 000 euros, alors qu’une 308 SW GT de cinq ans a été cédée pour à peine 10 000 euros. Des prix que les propriétaires jugent dérisoires, mais qui traduisent la perte totale de confiance envers ces véhicules autrefois prisés.
Les efforts de Stellantis sous pression
Malgré une série de rappels affectant près de 68 000 véhicules en France, les interventions correctrices peinent à restaurer la réputation du moteur Puretech. Ces actions n’ont pas réussi à rassurer les consommateurs ni à stopper la diminution de la valeur des véhicules concernés. En conséquence, les propriétaires se retrouvent souvent forcés d’accepter des offres au rabais lorsqu’ils souhaitent se défaire de leur véhicule, infligeant des pertes financières importantes.
Dans ce contexte tumultueux, l’incapacité actuelle de Stellantis à résoudre ces problèmes de manière définitive jette une ombre sur la confiance accordée par le public à cette technologie. La situation soulève également la question de l’impact à venir sur d’autres marchés, notamment en Italie, qui n’a pas encore manifesté la même défiance qu’en France.
Dans le monde des amateurs d’automobiles, ces développements incitent à repenser la stratégie d’achat de véhicules d’occasion, mettant en exergue la nécessité d’une inspection minutieuse et informée avant l’achat. Cette situation met également en lumière les défis auxquels sont confrontés les fabricants pour maintenir la fiabilité et l’image de marque dans un marché automobile en évolution rapide.