Autonomie électriques en hiver : le test NAF à −31 °C qui remet tout en question
Le récent test hivernal mené par la Norwegian Automobile Federation (NAF) passe au révélateur la réalité des voitures électriques en conditions extrêmes : à −31 °C, aucune des 25 voitures soumises à l’épreuve n’a atteint son autonomie WLTP déclarée. Les pertes oscillent entre −29 % et −46 %, des écarts qui forcent à repenser l’usage, l’achat et la préparation des véhicules électriques pour les régions froides.
Les chiffres qui frappent
Les résultats sont sans appel. Parmi les modèles testés, la Lucid Air Grand Touring a parcouru 520 km contre 960 km annoncés, la Volvo EX90 n’a obtenu que 339 km au lieu des 611 km promis, et la Tesla Model Y a vu son autonomie chuter d’environ 43 %. Meilleure élève du panel, la MG 6S EV a limité sa baisse à 29 %, montrant qu’il est possible d’atténuer l’effet du froid avec les bonnes solutions.
Pourquoi le froid pénalise tant les batteries ?
La physique des batteries lithium‑ion explique l’essentiel du phénomène. À basse température :
Au final, l’énergie utile pour le roulage diminue drastiquement, d’où les pertes observées en conditions arctiques.
Technologies qui limitent les dégâts
Le test montre aussi que certaines approches techniques réduisent l’impact du froid :
Ces dispositifs expliquent en partie la performance relative de la MG 6S EV dans le test.
Conséquences pratiques pour l’utilisateur
Pour les conducteurs — notamment ceux suivant les routes du Massif Central ou de la chaîne pyrénéenne en hiver — ces résultats exigent des ajustements :
Implications pour les constructeurs et la conception
Le verdict NAF est un signal pour l’industrie : améliorer la chimie des batteries, investir dans la thermique embarquée et optimiser les algorithmes de gestion sont des priorités. De plus :
Ce que les autorités et les réseaux de recharge peuvent faire
Pour faciliter l’usage hivernal des VE, des mesures structurelles sont utiles :
Conseils pratiques avant d’acheter ou d’utiliser une électrique en climat froid
En résumé : la mobilité électrique progresse, mais pas sans adaptation
Le test NAF à −31 °C ne condamne pas la voiture électrique — il met en lumière ses limites actuelles et les leviers à activer. Les progrès technologiques existent et certains constructeurs montrent la voie ; toutefois, pour la sécurité et la sérénité des conducteurs en régions froides, il faudra encore améliorer la chimie des batteries, généraliser les systèmes thermiques efficaces et mieux informer l’utilisateur. En Occitanie, où l’hiver peut se révéler rude en altitude, ces enseignements nous invitent à la prudence et à la préparation : la VE est une belle révolution, mais elle demande aujourd’hui une conduite et une planification adaptées aux saisons.
