La nouvelle Bertone Runabout : retour d’une icône en version moderne et radicale

Depuis les premiers teasers, la renaissance de la Runabout signée Bertone suscitait une curiosité certaine parmi les passionnés de sportives classiques et les amateurs d’automobile légère. Aujourd’hui, la version définitive est prête à entrer en production : deux variantes — barchetta (sans toit) et targa (avec pare‑brise et toit amovible) — une architecture inédite et un groupe propulseur signé Toyota. Sur les routes d’Occitanie, où j’ai pris le temps d’observer chaque détail, cette Runabout s’impose comme un manifeste de légèreté et de sensations pures.

Architecture et choix techniques : la quête du poids plume

Bertone a clairement décidé de ne pas recycler une plate‑forme existante. La nouvelle Runabout repose sur une coque en aluminium extrudé et collé fournie par un spécialiste et personnalisée par le carrossier. Résultat : un poids annoncé de 1 057 kg, comparable à celui d’une Mazda MX‑5 — un chiffre qui, sur le papier, évoque une conduite vive et un plaisir mécanique intact.

Les panneaux de carrosserie en fibre de carbone participent à cette stratégie de réduction de masse tout en permettant des formes très travaillées. Les dimensions sont compactes : 3,99 m de long et une hauteur très basse (1,12 m), gages d’un centre de gravité bas et d’une silhouette radicale qui rappelle les sportives des années 60 mais avec des proportions modernes. L’écart de largeur entre l’avant et l’arrière, associé à des roues 18″ à l’avant et 19″ à l’arrière, annonce une tenue de route résolument orientée vers l’efficacité et la traction arrière.

Le moteur : un V6 Toyota compressé, une combinaison inédite

La Runabout reçoit un V6 3.5 litres signé Toyota, ici non‑aspiré mais surcompressé par un compresseur, qui développe 475 chevaux et 490 Nm de couple. La transmission est confiée à une boîte manuelle à six rapports au maniement rapproché, et la motricité se limite aux roues arrière — une configuration qui fait plaisir aux puristes. Les performances annoncées sont parlantes : 0 à 100 km/h en 4,1 secondes et une vitesse maximale de 270 km/h.

Ce choix mécanique est intéressant à plusieurs titres. D’une part, il combine la fiabilité reconnue des blocs Toyota avec une sonorité et une linéarité de puissance mises en valeur par le compresseur. D’autre part, la boîte manuelle recentre l’expérience sur le pilote, loin des automatismes des boîtes doubles embrayages modernes. Pour un roadster léger, c’est exactement la recette attendue : puissance accessible, progressivité et implication.

Châssis et comportement : équilibre et précision

La Runabout n’a pas été pensée comme une simple réplique esthétique ; le châssis est soigné : double bras oscillant aux quatre coins, amortisseurs réglables et barres anti‑roulis. Cette configuration annonce une capacité de réglage étendue pour les pilotes qui désirent affiner l’équilibre entre fermeté et confort. Sur les petites routes sinueuses, un train avant léger combiné à une répartition des masses étudiée offrira une direction réactive et un placement en courbe précis.

Les amortisseurs réglables sont un point clé : en mode ferme, la voiture pourra exploiter toute la puissance du V6 sans perdre de cohérence dans la restitution ; en mode confort, elle permettra des trajets plus supportables au quotidien, notamment si l’on opte pour la version targa avec toit remplaçable.

Design : hommage moderne à Marcello Gandini

Esthétiquement, la Runabout rend un hommage sensible à la concept Autobianchi A112 Runabout de 1969 signée Marcello Gandini. Les formes en coin, les arêtes vives et les proportions compactes retrouvent une identité italienne intemporelle. La barchetta reprend fidèlement l’esprit originel, tandis que la targa intègre un toit carbone conçu pour préserver au maximum la ligne pure de la voiture.

La cohérence stylistique se retrouve jusque dans les détails : aérations, traitements de surface et choix des matériaux montrent une volonté de rester fidèle à l’ADN Bertone tout en proposant une lecture contemporaine et performante.

Production et exclusivité : 25 exemplaires seulement

Bertone a choisi de limiter la production à 25 unités, avec un prix de base annoncé à 390 000 euros. Cette stratégie de rareté transforme chaque exemplaire en objet de collection, mais pose aussi la question de l’usage : destiné‑il à être manié sur petites routes et pistes privées, ou finira‑t‑il dans des garages circulant peu ? Pour les acquéreurs, la valeur réside autant dans l’exclusivité que dans l’expérience de conduite offerte.

Pour qui et comment la conduire ?

La Runabout s’adresse aux amateurs éclairés qui recherchent une expérience mécanique pure : sensations de vitesse, implication du pilote via la boîte manuelle, et un châssis qui répondra instantanément aux ajustements de trajectoire. Pour profiter pleinement de la voiture, privilégiez des parcours sinueux avec peu de trafic et des surfaces en bon état. Le comportement en conditions humides devra être testé : une traction arrière puissante sur une voiture légère impose prudence et contrôle.

  • Points forts : poids contenu, moteur chaleureux, boîte manuelle, style unique.
  • Points d’attention : tarif élevé, production limitée, confort variable selon réglages.
  • Un retour qui fait sens

    La Runabout 2026 incarne une volonté claire : rappeler que l’automobile peut être un objet de passion, façonné pour le plaisir de piloter. Bertone marie ici savoir‑faire stylistique et technologies contemporaines — aluminium, carbone, motorisation compressée — pour recréer une sportivité brute et sensuelle. En Occitanie, sur les petites routes que j’affectionne, l’idée d’une sportive aussi légère, aussi réactive et aussi exclusive ravive l’image d’un temps où le conducteur était au centre de la machine.