La Clio 4 reste l’une des citadines les plus populaires sur le marché de l’occasion. Son style réussi, son habitacle agréable et son coût d’entretien raisonnable expliquent en grande partie ce succès. Mais au moment de choisir une version, une question revient souvent : quelle est la consommation réelle d’une Clio 4 selon son moteur ?

Les chiffres annoncés par Renault donnent une première indication, mais ils sont généralement obtenus dans des conditions très éloignées de la vie quotidienne. Entre les trajets urbains, les bouchons, la climatisation, les reliefs d’Occitanie et les départs en vacances bien chargés, la consommation peut varier sensiblement.

Voici donc les consommations que l’on peut raisonnablement attendre des principales motorisations essence et diesel de la Clio 4, ainsi que les éléments à vérifier avant un achat.

Les moteurs proposés sur la Clio 4

Lancée en 2012 puis restylée en 2016, la Clio 4 a connu plusieurs moteurs au cours de sa carrière. L’offre se compose principalement de petits blocs essence atmosphériques ou turbocompressés, ainsi que du très répandu 1.5 dCi diesel.

  • Le 1.2 16V essence de 75 ch, simple et relativement fiable, mais peu nerveux.
  • Le 0.9 TCe de 90 ch, un trois-cylindres turbo apprécié pour sa polyvalence.
  • Le 1.2 TCe de 120 ch, plus performant, souvent associé à la boîte automatique EDC.
  • Le 1.5 dCi de 75, 90 ou 110 ch, particulièrement sobre sur route et autoroute.
  • Le 1.6 TCe de la Clio R.S., destiné avant tout aux amateurs de conduite dynamique.

Les consommations ci-dessous correspondent à des moyennes réalistes relevées en usage mixte. Elles peuvent différer selon l’année, la boîte de vitesses, la finition, l’état mécanique et le style de conduite.

Clio 4 1.2 16V 75 ch : une essence simple, mais gourmande en ville

Le moteur 1.2 16V de 75 ch est l’un des blocs essence les plus accessibles de la gamme. Dépourvu de turbo, il privilégie la simplicité mécanique. Il convient aux conducteurs qui recherchent une voiture tranquille pour les petits trajets, mais il ne faut pas lui demander des performances sportives.

En pratique, sa consommation se situe généralement entre 6,5 et 7,2 l/100 km en usage mixte. Sur route départementale, à vitesse stabilisée, il est possible de descendre autour de 5,5 ou 6 l/100 km. En revanche, en ville, la moyenne peut rapidement dépasser 7,5 l/100 km, notamment avec la climatisation ou lorsque le moteur est souvent sollicité à froid.

Ce moteur doit parfois être monté dans les tours pour accélérer correctement. Dans une Clio chargée de passagers et de bagages, le conducteur aura tendance à appuyer davantage sur l’accélérateur, ce qui annule une partie de son avantage théorique. Une consommation de 7 l/100 km n’a donc rien d’exceptionnel.

Son principal intérêt reste son entretien relativement simple. Pour un usage urbain et périurbain modéré, il peut représenter un choix cohérent, à condition d’accepter des reprises limitées, notamment sur autoroute.

Clio 4 0.9 TCe 90 : le meilleur compromis essence

Le 0.9 TCe de 90 ch est un trois-cylindres turbocompressé. Il équipe de nombreuses Clio 4 et offre un compromis intéressant entre agrément et sobriété. Plus volontaire que le 1.2 16V à bas régime, il se montre à l’aise dans la circulation quotidienne.

La consommation réelle tourne généralement autour de 5,8 à 6,6 l/100 km. Sur un parcours mixte composé de routes secondaires, de voies rapides et d’un peu de ville, une moyenne proche de 6 l/100 km est parfaitement envisageable. Les conducteurs souples peuvent parfois faire mieux, tandis qu’une conduite nerveuse fera grimper la consommation au-delà de 7 l/100 km.

En ville, comptez plutôt 6,8 à 7,5 l/100 km. Sur route, le moteur peut se contenter de 5 à 5,5 l/100 km si les accélérations restent progressives. À 130 km/h sur autoroute, la consommation augmente logiquement et se rapproche souvent de 6,5 à 7 l/100 km.

Le petit trois-cylindres apprécie une conduite anticipée. Inutile de chercher les hauts régimes à chaque accélération : le turbo permet de relancer correctement sans forcer. En revanche, les trajets très courts et répétés ne lui permettent pas d’atteindre sa température idéale et pénalisent la moyenne.

Clio 4 1.2 TCe 120 : plus de plaisir, plus de carburant

Avec ses 120 ch, le 1.2 TCe propose des performances nettement supérieures. Il est particulièrement agréable sur les voies rapides et lors des dépassements. Certaines versions sont équipées de la boîte automatique à double embrayage EDC, qui améliore le confort mais peut aussi influencer la consommation.

En usage quotidien, il faut compter environ 6,8 à 7,8 l/100 km. Une moyenne de 7 l/100 km est réaliste avec une conduite normale. Sur autoroute, surtout à vitesse soutenue, la consommation peut atteindre 8 l/100 km ou davantage. En ville, les arrêts fréquents et le poids de la boîte EDC peuvent également faire grimper la moyenne.

Ce moteur est sensible au style de conduite. Grâce au turbo, il délivre rapidement son couple et donne envie d’accélérer franchement. Ceux qui profitent régulièrement des 120 ch dépasseront facilement 8 l/100 km. À l’inverse, une conduite souple permet de rester proche de 6,5 ou 7 l/100 km sur un parcours mixte.

Lors d’un achat d’occasion, l’historique d’entretien mérite une attention particulière. Les vidanges doivent avoir été réalisées avec une huile adaptée et selon les préconisations du constructeur. Une consommation d’huile anormale, des à-coups ou un fonctionnement irrégulier doivent inciter à la prudence.

Clio 4 1.5 dCi 75 et 90 : les championnes de la sobriété

Le 1.5 dCi est sans doute le moteur le plus recherché sur la Clio 4 pour les gros rouleurs. Disponible en plusieurs niveaux de puissance, il se distingue par son faible appétit en carburant. Sur route et autoroute, il conserve une consommation très intéressante.

Le 1.5 dCi 75 ch affiche généralement une moyenne réelle comprise entre 4,2 et 5 l/100 km. Le 90 ch se situe dans une fourchette proche, souvent entre 4,3 et 5,2 l/100 km. La différence de puissance ne se traduit donc pas forcément par une hausse importante de consommation, surtout si les deux versions sont conduites de manière similaire.

Sur route départementale, il est possible de descendre autour de 4 l/100 km avec une conduite régulière. Sur autoroute à 130 km/h, prévoyez plutôt 5 à 5,8 l/100 km. En ville, le diesel reste sobre lorsqu’il est chaud, mais les trajets courts peuvent devenir problématiques pour la mécanique et faire monter la moyenne.

Le dCi 90 ch est souvent le choix le plus équilibré. Il offre davantage de répondant que le 75 ch, notamment lorsque la voiture est chargée, tout en conservant une consommation très raisonnable. Pour les longs trajets entre Toulouse, Montpellier, Nîmes ou Perpignan, il reste particulièrement pertinent.

Attention toutefois au filtre à particules sur les versions qui en sont équipées. Une Clio 4 diesel utilisée exclusivement pour parcourir quelques kilomètres en ville n’est pas dans son environnement idéal. Le moteur a besoin de trajets suffisamment longs pour atteindre sa température de fonctionnement et permettre les phases de régénération du filtre.

Clio 4 1.5 dCi 110 : le diesel pour les grands trajets

Le 1.5 dCi 110 ch se montre plus dynamique, notamment sur autoroute et dans les régions vallonnées. Sa consommation réelle reste raisonnable malgré sa puissance supérieure. Il faut généralement tabler sur 4,8 à 5,5 l/100 km en usage mixte.

Sur route, une moyenne proche de 4,5 l/100 km est envisageable. Sur autoroute, elle se situe plus souvent entre 5,2 et 6 l/100 km. Comme toujours, la vitesse joue un rôle déterminant : rouler à 130 km/h au lieu de 110 km/h peut faire augmenter sensiblement la consommation.

Cette version convient davantage aux conducteurs qui parcourent régulièrement de longues distances. Pour un faible kilométrage annuel, le prix d’achat supérieur d’un diesel, l’entretien du système antipollution et les éventuels frais liés au filtre à particules peuvent réduire l’intérêt financier.

La Clio 4 R.S. : la consommation passe au second plan

La Clio R.S. équipée du 1.6 TCe de 200 ou 220 ch joue dans une autre catégorie. Avec ce moteur, la consommation dépend énormément de l’utilisation. En conduite calme, une moyenne de 7,5 à 8,5 l/100 km est possible. Dès que l’on exploite réellement le potentiel de la voiture, il faut plutôt compter 9 à 11 l/100 km, voire davantage sur circuit ou en conduite très sportive.

La boîte EDC à six rapports apporte un confort appréciable, mais elle ne transforme pas la R.S. en citadine économique. Ce modèle s’achète d’abord pour son châssis, ses accélérations et son caractère. La consommation est importante, mais elle n’est généralement pas le premier critère de décision.

Pourquoi la consommation réelle varie-t-elle autant ?

Deux propriétaires d’une même Clio 4 peuvent afficher des chiffres très différents. Le moteur n’explique pas tout. Le parcours et les habitudes de conduite ont une influence majeure.

  • La conduite en ville augmente la consommation à cause des arrêts, redémarrages et accélérations répétées.
  • Les trajets courts maintiennent le moteur à basse température et sont particulièrement pénalisants.
  • Une vitesse élevée sur autoroute augmente fortement la résistance à l’air.
  • La climatisation peut ajouter quelques dixièmes de litre aux 100 km, surtout en ville.
  • Un coffre chargé, quatre passagers ou une galerie de toit accroissent l’effort demandé au moteur.
  • Des pneus sous-gonflés augmentent la résistance au roulement.
  • Un filtre à air encrassé, une vanne EGR défaillante ou des injecteurs fatigués peuvent dégrader la consommation.

Dans les régions vallonnées, comme certains secteurs de l’Aveyron, de l’Hérault ou des Pyrénées-Orientales, la moyenne peut aussi être supérieure à celle constatée sur terrain plat. Ce n’est pas forcément un défaut : le moteur doit simplement fournir davantage d’effort.

Comment mesurer la consommation de sa Clio 4 ?

L’ordinateur de bord est pratique, mais il n’est pas toujours parfaitement exact. Pour obtenir une mesure fiable, la méthode la plus simple consiste à faire le plein, remettre le compteur journalier à zéro, rouler normalement, puis refaire le plein.

La formule est la suivante : quantité de carburant ajoutée divisée par le nombre de kilomètres parcourus, puis multipliée par 100. Par exemple, si vous avez consommé 32 litres pour parcourir 600 kilomètres, la moyenne est de 5,3 l/100 km.

Il est préférable de renouveler l’opération sur plusieurs pleins. Un seul trajet peut être trompeur : vent de face, embouteillages, relief ou conduite plus dynamique faussent rapidement le résultat. Surveillez également la pression des pneus au moins une fois par mois et avant un long parcours.

Quelle motorisation choisir selon son usage ?

Pour une utilisation principalement urbaine, le 0.9 TCe 90 ou le 1.2 16V 75 peuvent convenir. Le premier est plus agréable et souvent plus sobre, tandis que le second mise sur une mécanique simple. Le choix dépendra aussi de l’état du véhicule et de son historique.

Pour un usage mixte avec plusieurs milliers de kilomètres par an, le 0.9 TCe 90 constitue probablement le meilleur équilibre. Il offre une consommation raisonnable sans les contraintes spécifiques d’un diesel moderne.

Pour les gros rouleurs, le 1.5 dCi 90 reste très intéressant. Il est particulièrement adapté aux longs trajets, à l’autoroute et aux déplacements réguliers. En dessous d’environ 15 000 kilomètres annuels, l’essence peut toutefois être plus pertinente financièrement, surtout si les parcours sont courts.

Enfin, le 1.2 TCe 120 et la Clio R.S. s’adressent aux conducteurs qui privilégient les performances et l’agrément. Ils consommeront davantage, mais procureront aussi plus de facilité lors des dépassements et davantage de plaisir au volant. Après tout, une Clio n’est pas obligée de vivre uniquement au régime économique !

En résumé, la Clio 4 la plus sobre reste généralement la 1.5 dCi, avec une consommation réelle souvent proche de 4,5 à 5 l/100 km. Côté essence, le 0.9 TCe 90 se montre le plus équilibré, autour de 6 l/100 km en usage mixte. Mais l’état de la voiture, le type de trajets et la manière de conduire comptent tout autant que le moteur inscrit sur la carte grise.