Pour célébrer les 50 ans de l’emblématique sigle GTI, Volkswagen ressort des cartons un des concepts les plus audacieux jamais associés à la compacte sportive : la Golf GTI Roadster, imaginée initialement pour Gran Turismo 6 en 2014 et transformée ensuite en prototype réel. Ce retour n’est pas un simple hommage esthétique — il interroge ce que peut encore signifier « GTI » aujourd’hui : sobriété compacte ou exubérance technique ?
Un roadster qui renverse les codes de la GTI
La GTI Roadster casse tous les codes traditionnels. Fini le toit, adieu les sièges arrière : la Roadster joue la carte de la pureté sportive et du spectaculaire. Les montants arrière deviennent un arceau apparent, les portes s’ouvrent verticalement et l’arrière est dominé par une énorme aile et des prises d’air qui évoquent davantage une supercar que la fameuse compacte allemande. La teinte verte Dark Moss Green Metallic, choisie pour cette réapparition, renforce l’idée d’un clin d’œil radical à l’histoire GTI tout en affichant une modernité provocatrice.
Technique : une GTI qui emprunte au monde des supercars
Sous la carrosserie, la Roadster s’éloigne des recettes GTI classiques. Alors que la GTI historique repose sur une traction avant vive et légère, le prototype adopte une architecture plus musclée : moteur V6 3.0 biturbo de 503 ch et 560 Nm, transmission intégrale 4Motion et boîte DSG 7 rapports. Les roues de 20 pouces à fixation centrale et un train roulant renforcé annoncent un comportement autoritaire. La fiche technique affiche un 0‑100 km/h en 3,6 s et une pointe de 309 km/h, plaçant cette Golf dans une zone de performances habituellement réservée à des modèles bien plus exclusifs.
Poids et équilibre : les limites d’un concept extrême
Malgré l’absence de toit, la Roadster n’est pas une plume : 1 421 kg sur la balance, conséquence de l’implantation d’un V6, de la transmission intégrale et des éléments de renfort (freinage, pneus larges, structure). Ce poids, bien que contenu pour une voiture de 503 ch, interroge la vocation « GTI » d’origine — qui reposait sur une légèreté et une agilité accessibles. Ici, la philosophie est inverse : puissance brute, appuis et sensations de supercar. En pratique, le comportement sera sans doute redoutable sur ligne droite et sur portions rapides, mais demandera une mise au point châssis très fine pour rester joueuse en courbes serrées.
Un exercice de design plus qu’un modèle de série
La GTI Roadster appartient à la famille des exercise cars : idées radicales, solutions techniques coûteuses et détails de show‑car. Les choix esthétiques (portes en élytre, arceau apparent) et techniques (traction intégrale, V6 suralimenté) suggèrent que la voiture n’a pas été pensée pour une production de masse. Elle est plutôt un manifeste : montrer jusqu’où peut aller la marque pour célébrer 50 ans d’histoire, surprendre les fans et alimenter la légende GTI avec un objet quasi‑mythique.
Comparaisons et positionnement
Que retenir pour le passionné occitan ?
Sur nos routes sinueuses et mixtes d’Occitanie, la GTI Roadster serait un ovni : à la fois jouissive sur petites routes fluides grâce à son couple massif et potentiellement exigeante en dynamisme sur des segments techniques. Elle n’a pas vocation à remplacer une GTI de tous les jours, mais plutôt à incarner un fantasme automobile — le type de voiture que l’on admire dans une galerie ou sur circuit plutôt que celle que l’on conduit quotidiennement au marché.
Aspects techniques à surveiller si Volkswagen envisage une déclinaison
La Golf GTI Roadster réintroduite pour le cinquantième anniversaire n’est pas une simple réédition : c’est une déclaration. Elle célèbre la liberté projetée par le sigle GTI, mais la repousse vers un territoire extrême où les compromis de production et d’usage deviennent manifestes. Pour les puristes de la compacte sportive, c’est un objet de curiosité ; pour les amateurs de performances pures, une invitation à rêver — et peut‑être à débattre de ce que la marque devrait garder ou laisser évoluer dans son héritage GTI.

