La nouvelle Audi RS5 Avant inaugure une ère inédite chez Audi Sport : pour la première fois, la signature « RS » accueille une motorisation plug‑in hybrid. Sur le papier, c’est une promesse alléchante — mélanger le caractère d’une sportive avec la souplesse et l’autonomie électrique — mais sur la route et dans le quotidien, la facture technique se paye en compromis tangibles. Voici une analyse concrète, chiffrée et pragmatique pour ceux qui envisagent ce modèle comme routière sportive polyvalente.

Electrification : gains d’usage, pertes de volume

La RS5 Avant embarque une batterie de 25,9 kWh (22 kWh réellement utilisables) logée sous le plancher arrière. Dans la pratique, cela permet jusqu’à 87 km d’autonomie en tout électrique selon le cycle constructeur — un chiffre séduisant pour les trajets urbains ou périurbains quotidiens. Mais l’intégration de ce pack n’a pas été neutre : avec les sièges en place, le coffre n’offre plus que 361 litres. Pour replacer le curseur, l’ancienne RS4 Avant proposait 495 litres, et même une A3 Sportback revendique 380 litres.

Dimensions et poids : une RS5 qui a pris du volume

La plateforme a été retravaillée et la caisse a grandi : la RS5 Avant culmine à 4,90 m de long et 1,95 m de large, soit respectivement +11,5 cm et +8,6 cm par rapport à la RS4. Pourtant, cette surface accrue ne se traduit pas par un coffre plus pratique — au contraire. Le poids grimpe de manière significative : 2 370 kg à vide, une masse élevée pour une familiale sportive. Ce chiffre a des conséquences directes sur la dynamique, la consommation hors période électrique et sur l’usure mécanique (freins, pneus).

Performances et sensations : l’équation puissance/masse

Audi n’a pas communiqué ici des chiffres délirants de puissance comme sur certaines hypercars, mais l’assemblage thermique + électrique vise à délivrer un comportement vif. L’avantage du PHEV est une poussée immédiate en bas de régime grâce au couple électrique, ce qui modifie la perception de la réponse moteur comparée à un V6 atmosphérique traditionnel. En revanche, la masse importante atténue les bénéfices attendus en enchaînements serrés : la voiture demande plus d’inertie pour changer de rythme, et le châssis doit être calibré pour compenser.

Praticité : la station‑wagon sportive perd de sa vocation utilitaire

Un break RS classique combine habitabilité, volume et sportivité. Ici, l’électrification compromet l’un des trois piliers : le coffre. Avec 361 l, on se rapproche davantage d’une compacte qu’une vraie familiale. Même en rabattant les dossiers arrière, la capacité plafonne à 1 302 l contre 1 495 l sur la RS4. Pour les familles sportives ou les amateurs d’escapades week‑end avec bagages, la perte est sensible.

Consommation et usages : calculer la réalité

Le PHEV brille surtout si vos trajets quotidiens restent dans l’enveloppe des 60–80 km et que vous rechargez régulièrement. Dans ce cas, l’essence est peu sollicitée et la consommation passe à des valeurs très basses. En revanche, pour qui roule souvent sur autoroute ou ne recharge pas systématiquement, la batterie devient un poids mort qui alourdit la consommation générale et dégrade l’autonomie réelle du moteur thermique. Autrement dit : optimisez votre usage et votre logistique de recharge pour tirer parti du concept.

Comparaisons utiles

  • RS5 Avant vs RS4 Avant : la RS4 reste plus pratique en volume de coffre et plus légère ; la RS5 apporte l’autonomie électrique mais perd en polyvalence.
  • RS5 Avant vs A5 Avant non‑hybride : l’A5 conserve plus de coffre (476 l) et une masse plus mesurée, donc plus d’efficacité en charge.
  • RS5 Avant vs A3 Sportback : étonnamment, une A3 non électrifiée peut rivaliser en volume, ce qui illustre la contrainte d’intégration du pack batterie.
  • Points techniques à vérifier avant achat

  • Valeur d’utilisation réelle de la batterie : 22 kWh annonce une autonomie exploitable, mais vérifiez en conditions réelles (hiver, chauffage, charges).
  • Capacité de remorquage et comportement en charge : la masse et le positionnement du pack vont influer.
  • Option 4Matic et répartition du couple : comprendre comment le système gère la traction lors du passage du mode électrique au thermique.
  • Entretien et usure : freinage régénératif, gestion des plaquettes et usure des pneus sur une auto lourde et performante.
  • Usages conseillés et profils d’acheteurs

    La RS5 Avant trouve naturellement son public chez ceux qui veulent un produit technologique, aimant l’idée d’un “daily” électrifiable sans renoncer à une dimension sportive. Idéal si vous rechargez au domicile ou au bureau et que vous appréciez le silence et l’agrément électrique en ville. En revanche, si vous avez besoin d’un break réellement utilitaire, souvent chargé, ou si vous réalisez beaucoup d’autoroute sans possibilité de recharge, la RS4 (ou même une A5 non‑hybride) demeurera plus sensée.

    Regard pragmatique pour le lecteur occitan

    Sur nos routes de l’Occitanie, entre départementales sinueuses et trajets périurbains, la RS5 Avant peut séduire par son couple instantané et son confort en ville. Mais gare aux déplacements longue distance sans recharge : la masse joue contre elle et la promesse d’une sportive réellement agile s’en trouve partiellement émoussée. Avant de choisir, posez-vous la bonne question : voulez‑vous une RS “technologique” ou une RS “vraie” — légère, pratique et résolument orientée performance pure ?