Polestar engage la plus grande offensive produit de son histoire récente : quatre nouveaux modèles annoncés sur trois ans, avec à la clé une montée en gamme technique et une diversification des formats. Depuis mon coin d’Occitanie je suis de près ces mouvements : la marque suédoise, désormais sous l’aile du groupe Geely, veut à la fois consolider son image haut de gamme et élargir son empreinte commerciale. Voici ce que l’on sait et ce que cela implique pour les clients et la stratégie de la marque.
Feuille de route produit : ordre et priorités
La séquence est claire. D’abord la Polestar 5 en 2026 : l’« ammiraglia » berline sportive présentée au Salon de Munich et désormais prête à entrer en production, qui marque un signal fort en matière de performances et de technologie. Ensuite, à la fin 2026, une nouvelle variante de la Polestar 4 — décrite comme une sorte de fusion entre station et SUV — qui vise à capter des clients recherchant espace utile et dynamisme de conduite. En 2027, une Polestar 2 totalement renouvelée remplace l’actuelle star d’entrée de gamme, puis, en 2028, la Polestar 7 annoncée comme le premier SUV compact de la marque. Une cadence soutenue, qui illustre une volonté d’occuper rapidement plusieurs segments du marché électrique.
Polestar 5 : la vitrine technologique
La Polestar 5 joue le rôle d’ambassadrice technologique. Basée sur un châssis aluminium inédit, elle met l’accent sur la rigidité torsionnelle et la tenue dynamique, ce que traduit la présence de suspensions évoluées et, sur la version Performance, d’un système de suspension adaptative MagneRide. Côté motorisations, on parle de deux configurations très musclées : 550 kW (748 ch) pour la première offre et une version encore plus extrême à 650 kW (884 ch), avec des couples respectifs annoncés à 812 et 1 015 Nm. La batterie fait 112 kWh et fonctionne en 800 V, gage de recharges rapides et d’une autonomie théorique confortable (670 ou 565 km selon le réglage et la version).
Polestar 4 en déclinaison « station-SUV » : vers plus de polyvalence
La Polestar 4, déjà positionnée comme coupé-SUV, va recevoir une variante qui s’apparente à une station « revisitée » : lignes plus verticales du hayon, lunette arrière en verre pour maximiser l’espace et la modularité, sans pourtant revenir à la formule classique d’une famille Volvo. L’objectif est pragmatique : offrir davantage d’emport et de fonctionnalité sans sacrifier la dynamique propre à Polestar. C’est un choix intelligent pour capter des clients qui hésitent entre l’esthétique sportive et la praticité quotidienne.
Polestar 2 : renouveau attendu
La Polestar 2, première Polestar en production de série, arrive en 2027 complètement revue. Le teaser montre un visage plus large, plus agressif, et laisse penser à une silhouette un peu plus basse et affinée — potentiellement une transition vers une berline plus traditionnelle que le crossover actuel. Si la plate‑forme évolue, on peut s’attendre à des gains sur la tenue de route, la gestion thermique des batteries et l’électronique embarquée, pour rester compétitif face à une concurrence qui ne dort pas.
Polestar 7 : l’entrée dans le segment des SUV compacts
La Polestar 7, teasée par un simple avant masqué, apparaît comme une incursion dans le segment SUV compact. L’hypothèse d’une filiation technique avec la future Volvo XC40 est plausible, notamment en termes de plateformes et de modules électriques, ce qui permettrait à Polestar d’offrir un produit très « marque » avec des économies d’échelle. Le défi : conserver l’ADN Polestar — plaisir de conduite, sobriété et design scandinave — dans un format urbain plus accessible.
Technologies clés et positionnement technique
Polestar semble miser sur plusieurs axes technologiques : intégration de batteries de forte capacité (112 kWh pour la 5), architecture 800 V pour des recharges rapides, châssis aluminium pour la légèreté et la rigidité, et suspensions actives pour un compromis confort/tenue. La déclinaison Performance de la 5 mettra en avant un niveau de puissance très élevé, positionnant Polestar face aux marques premium sportives. Parallèlement, la stratégie inclut aussi la Polestar 0 — un projet visant la neutralité carbone de la chaîne de production et d’approvisionnement, preuve d’une vision long terme.
Conséquences commerciales et marché
Cette offensive produit est ambitieuse et risquée : elle peut permettre à Polestar de se positionner comme alternative crédible aux grands constructeurs premium électriques, mais elle exige une exécution sans faille en matière de qualité, logistique et service après‑vente. Les prix annoncés pour la Polestar 5 (à partir d’environ 119 800 €) signent l’orientation haut de gamme ; la marque devra ensuite jongler entre exclusivité et montée en volume pour amortir les investissements.
Pour le client : ce que cela change
Pour l’acheteur, l’intérêt se mesurera à l’usage : la Polestar 5 propose une vitrine technologique pour qui recherche performance et autonomie, la Polestar 4 station‑SUV offre pragmatisme, la nouvelle 2 vise le cœur de gamme renouvelé, et la 7 permettra d’entrer dans l’univers Polestar avec une silhouette compacte. La diversité de l’offre doit permettre à chacun de trouver un compromis entre dynamisme, habitabilité et budget.
Points à surveiller
Sur nos petites routes d’Occitanie comme sur les autoroutes qui mènent aux salons, l’arrivée successive de ces modèles pourrait bousculer les choix des clients aujourd’hui partagés entre marques historiques et nouveaux acteurs électriques. Polestar joue son avenir : en misant sur la technicité et l’esthétique, la marque vise une clientèle exigeante prête à payer pour des sensations et une technologie de pointe. Je suivrai, bien sûr, la route de près pour vous raconter les essais et les nuances une fois ces autos sur nos routes.

