Ford affiche un résultat net qui fait frissonner : une perte de 8,2 milliards de dollars pour l’exercice 2025, malgré des ventes en hausse et un chiffre d’affaires record de 187,3 milliards. En Occitanie comme ailleurs, cette nouvelle interpelle : comment un géant historique, présent sur tous les segments, peut-il afficher un tel rouge ? Entrons dans le détail des causes, des divisions qui sauvent l’honneur et des implications pratiques pour le marché automobile européen.
Un chiffre paradoxal : chiffre d’affaires en hausse, mais perte nette massive
Le paradoxe est frappant : +1 % de chiffre d’affaires par rapport à 2024, mais une perte nette colossale. Pour comprendre, il faut distinguer résultats opérationnels courants et charges exceptionnelles. Ford a enregistré des dépréciations et des charges non récurrentes liées à sa révision stratégique sur l’électrification. Ce sont ces éléments — et non une catastrophe structurelle de la demande — qui ont creusé la perte nette.
Les principales causes de la perte de 8,2 milliards
Ces éléments exceptionnels dominent le tableau, même si l’activité « classique » du groupe reste profitable sur certains segments.
Des divisions qui sauvent les meubles
Le tableau n’est pas uniformément noir. Certaines branches de Ford continuent de performer :
La décision stratégique : renoncer à certains projets pour limiter les pertes
La stratégie choisie par la direction consiste à couper les programmes EV jugés trop coûteux ou à faible rentabilité potentielle. Concrètement, des modèles ambitieux mais gourmands en capital ont été abandonnés, au prix d’importantes dépréciations. C’est un choix risqué : il réduit la fuite de trésorerie mais peut laisser des segments aux mains de concurrents plus agressifs (constructeurs chinois, Tesla).
Conséquences industrielles et sur la supply‑chain
Les annulations et restructurations se répercutent sur la chaîne d’approvisionnement et l’emploi. Fournisseurs et sous‑traitants pourraient subir des ajustements, et certaines lignes de production nécessiteront une reconversion. L’incendie d’un fournisseur d’aluminium a clairement montré la vulnérabilité des flux de production et l’impact que peut avoir un incident local sur un groupe mondial.
Impacts pour les clients et pour le marché européen
La feuille de route annoncée : pragmatisme et recherche de rentabilité
Jim Farley et la direction affichent une stratégie de recentrage : consolider les forces (véhicules thermiques rentables et business fleet), rationaliser Model e et nouer des partenariats pour partager coûts et risques. L’objectif financier affiché est un retour à l’EBIT ajusté positif (entre 8 et 10 milliards) en 2026 et une marge opérationnelle ajustée proche de 8 % d’ici 2029. Pour y parvenir, Ford mise sur :
Points d’attention pour les observateurs et les acheteurs
La perte de 2025 est un signal fort : Ford paye le prix d’un réalignement stratégique sur l’électrification, avec des choix douloureux mais peut‑être nécessaires pour la viabilité à moyen terme. Pour nous, conducteurs et gestionnaires de flotte en Occitanie, l’essentiel est de suivre l’impact sur l’offre commerciale et la disponibilité des services — tout en restant attentifs aux opportunités offertes par Ford Pro et aux alliances industrielles qui pourraient redessiner l’offre EV mondiale.

