Lamborghini vient d’annoncer des chiffres qui font tourner la tête : 10 747 véhicules livrés en 2025, un nouveau record historique pour la marque de Sant’Agata Bolognese. Ce bond spectaculaire n’est pas le fruit du hasard mais le résultat d’une stratégie claire : électrification progressive de la gamme, nouveaux modèles à forte attraction et maintien d’une image d’exclusivité. Sur nos routes d’Occitanie comme ailleurs, ces résultats posent autant de questions qu’ils soulèvent d’admiration — comment concilier volumes croissants et prestige ? Comment la technologie hybride redessine‑t‑elle l’ADN Lamborghini ? J’analyse les éléments clés de ce passage d’échelle.

Revuelto et Urus SE : les locomotives de la croissance

Deux modèles ont porté la croissance : la Revuelto, première supercar hybride dotée d’un V12 HPEV, et l’Urus SE, déclinaison plug‑in hybrid du SUV phare. La Revuelto incarne la transition technique de Lamborghini : conserver le caractère sonore et la linéarité d’un V12 tout en intégrant une assistance électrique pour améliorer les performances et l’efficacité. L’Urus SE, quant à lui, permet d’élargir la clientèle — ceux qui veulent l’exclusivité Lamborghini tout en acceptant une motorisation plus technologique et adaptable au quotidien.

Ces deux véhicules ont servi de passerelle : ils offrent des performances conformes à l’ADN de la marque tout en répondant aux nouvelles normes environnementales et aux attentes d’une clientèle de plus en plus sensible à l’innovation.

Répartition géographique et implications marché

Les livraisons se répartissent de façon équilibrée : Europe, Moyen‑Orient et Afrique totalisent 4 650 unités, les Amériques 3 347 et l’Asie‑Pacifique 2 750. Cette répartition témoigne d’une attractivité globale, mais aussi d’une capacité commerciale adaptée aux spécificités régionales. Pour un petit constructeur de voitures de prestige, atteindre une telle présence mondiale est un exploit logistique et stratégique.

En Occitanie, région où le tissu économique mêle industries et passion automobile, ce positionnement international renforce l’image de marque : les concessionnaires locaux devront maintenir des standards de service très élevés pour répondre à une clientèle exigeante, tant sur l’aspect livraison que sur l’expérience après‑vente.

Temerario et Fenomeno : exclusivité et vitrine technologique

Au‑delà des volumes, Lamborghini a lancé de nouveaux modèles symboliques. Le Temerario, dont les premières livraisons commencent en janvier 2026, est présenté comme un pivot stratégique : il complète la gamme hybride et devrait peser sur les commandes à venir. La Fenomeno, limitée à 29 exemplaires et dotée du V12 hybride le plus puissant (1 080 ch), joue un rôle différent : préserver l’aura de performance extrême et d’exclusivité qui fait la légende de la marque.

Le lancement en compétition avec la Temerario GT3 est une démarche cohérente : il s’agit de montrer que l’hybridation ne sacrifie rien aux performances sur piste, au contraire elle ouvre de nouvelles marges à l’ingénierie sportive.

Hybridation : une stratégie payante mais exigeante

Les analystes saluent la stratégie d’électrification comme une décision gagnante pour maintenir l’attrait et la conformité réglementaire. Mais ce virage implique des investissements massifs : production, formation technique, gestion des supply chains pour les éléments haute tension et les systèmes hybrides. Lamborghini doit répondre à plusieurs défis :

  • former les techniciens pour gérer des architectures hybrides complexes ;
  • préserver la signature sonore et le comportement dynamique propres aux V12 malgré l’assistance électrique ;
  • gérer la montée des volumes sans diluer l’exclusivité (périodes de production réservées, séries limitées, personnalisation Tailor Made).
  • Le succès de 2025 montre que la maison parvient pour l’instant à jongler entre ces exigences. Cependant, la gestion de l’image restera cruciale : un trop grand nombre de véhicules livrés sans l’accompagnement digne d’un constructeur de luxe pourrait altérer la perception de rareté.

    Portefeuille d’ordres et visibilité sur la production

    Lamborghini affirme disposer d’un carnet de commandes couvrant environ douze mois de production. C’est un signe de santé commerciale indéniable : la demande dépasse la capacité immédiate, ce qui permet de préserver des marges et de garantir une planification industrielle. Pour les concessionnaires, cela signifie aussi une nécessaire gestion fine des délais et une communication transparente avec les clients.

    Conséquences pour les clients et propriétaires

  • Protection de la valeur : l’électrification maîtrisée pourrait maintenir, voire augmenter, la valeur résiduelle des modèles les mieux positionnés.
  • Entretien et services : l’intégration d’électronique haute tension exige des réseaux après‑vente bien formés et outillés ; la région Occitanie devra s’assurer d’une offre locale compatible.
  • Expérience de conduite : l’hybridation promet une polyvalence accrue — performances pures sur piste et conduite plus douce en ville —, mais la signature Lamborghini doit rester identifiable.
  • Le pari de la course : la Temerario GT3 comme laboratoire

    La venue de la Temerario GT3 sur les circuits est stratégique : la compétition reste le laboratoire ultime pour tester l’intégration hybride dans des conditions extrêmes. Les enseignements tirés en piste influenceront les évolutions techniques des modèles de série, et renforceront la crédibilité sportive de Lamborghini. Pour nous, passionnés, suivre ces résultats en compétition offre une indication précieuse sur la direction technique du constructeur.

    Risques et questions ouvertes

    Malgré l’optimisme, quelques points méritent vigilance :

  • maintenir l’exclusivité face à des volumes en croissance ;
  • assurer une cohérence technique entre les modèles pour éviter des coûts after‑sales excessifs ;
  • garantir l’acceptation client : certains puristes pourraient rechigner face à une hybridation perçue comme une dilution du caractère pur thermique.
  • Sur nos routes d’Occitanie, on voit déjà des Urus et autres Revuelto dans les rues et sur les promenades du littoral ou dans les cols des Pyrénées : leur présence devient plus familière, sans pour autant perdre leur statut d’objets de désir. Lamborghini a su faire de l’hybridation un moteur de croissance sans renier son identité — du moins pour l’instant.

    Points à retenir pour les lecteurs

  • Lamborghini a livré 10 747 véhicules en 2025, un record historique.
  • La Revuelto (V12 HPEV) et l’Urus SE (plug‑in) ont été les principaux catalyseurs de cette performance.
  • La stratégie combine volumes mesurés, modèles iconiques limités et affichage technologique en compétition.
  • Les enjeux futurs : maintenir l’exclusivité, canaliser l’investissement industriel et garantir un service après‑vente à la hauteur.
  • Pour l’automobiliste passionné et le collectionneur, ces chiffres confirment que Lamborghini n’a pas renoncé à son âme tout en s’adaptant aux contraintes du monde. Reste à voir comment la marque continuera d’équilibrer innovation technique, compétitivité industrielle et émotion pure qui fait battre le cœur des amateurs d’automobile.